La ville d’Ys–Les lieux dans la littérature

Importance & dates

Pendant tout l’âge du bronze, elle avait été un des plus riches centres du trafic de l’étain et du plomb et nulle part ailleurs, dans tout l’Occident, on ne voyait la population arborer de plus somptueux bijoux, torques d’or, colliers et bracelets incrustés de pierres précieuses.

Yann Brékilien, Contes et légendes du Pays Breton

Le bassin, le port, la digue

Or la cité d’Ys est construite au-dessous du niveau de la mer à marée haute et elle protégée des flots par une digue. Le bassin du port communique avec le large par une écluse dont la porte n’est ouverte qu’à marée descendante.
Yann Brékilien, Histoire de la Bretagne.

Mais, depuis sa construction, il y avait plus de vingt siècles, le niveau du sol sur lequel elle s’élevait avait baissé de plusieurs mètres et le quartier du port se trouvait maintenant dessous du niveau de la mer à marée haute, tout au moins pendant les grandes marées. Pour le protéger des flots, il avait fait édifier une haute digue. Le bassin du port communiquait avec le large par une écluse dont la porte n’était ouverte qu’à marée descendante. C’était le roi lui-même qui conservait la clef de cette porte. Elle était, plus que la couronne ou le sceptre, l’insigne de sa fonction. Elle était toujours suspendue à son cou par une chaîne d’or, même pendant son sommeil.
Yann Brékilien, Contes et légendes du Pays Breton.

Dans le port se pressent les barques dans les venelles s’agitent pêcheurs, marchands et flâneurs, tous proprement vêtus tous gais et bruyants comme gens heureux.
Entre la digue et la ville vous creuserez, sire, un bassin profond fermé de portes épaisses. A marée montante, on ouvrira ces portes, et l’eau renflouera nos barques. A marée haute, le bassin sera clos, à marée basse, on l’ouvrira de nouveau et les embarcations suivront le reflux.
Et les pêcheurs ajoutèrent qu’on recueillerait, en vidant le bassin, assez de poissons et coquillages pour nourrir la ville entière aux mauvais jours d’orage et de disette.
En sa barque, sans toucher aux rames, Dahut vogua vers le continent. Quand elle fut au port, elle vit sur le rocher un castel dont les tours dominaient l’église du Crucifié comme le chêne centenaire domine un maigre buisson, elle vit une digue si haute que nulle marée n’en pourrait atteindre le faîte, elle vit un bassin spacieux fermé de portes de bronze. Et elle sourit d’aise et d’orgueil.
Aux portes de bronze du bassin pendaient des clefs d’argent, si fines, si joliment ciselées, si bien
polies qu’aucun artisan ou orfèvre n’avait pu ouvrer de tels joyaux. Et Dahut, en signe de victoire, mit à son cou les clefs d’argent liées par une chaine d’or.
Père, ce sont les clefs des portes qui ferment la ville du côté de la mer ; ces portes sont de bronze plein. Elles ont un pied d’épaisseur ; vingt hommes robustes ne les peuvent mouvoir.
Elle se rendit sur la lande, en un lieu nommé le Teil, où étaient rangées les hautes tables de pierre ; là elle invoqua les Konrigans, selon ce que lui avaient enseigné les Sènes, et, le jour d’après, on trouva au port d’Ys cent bateaux pontés et matés avec de longues quilles et des voilures neuves.
Charles Guyot, la Légende de la Ville d’Ys

planis1Elle était bâtie plus bas que la mer et défendue par des digues dont on ouvrait les portes à certains moments pour faire entrer et sortir les flots. La princesse Dahut, fille de Grallon, portait toujours suspendues au cou les clefs d’argent de ces portes, ce qui fait que le peuple l’appelait la princesse Alc’huez ou plus brièvement Ahèz. Comme c’était une grande magicienne, elle avait embelli la ville d’ouvrages que l’on ne peut demander à la main des hommes. Tous les korrigans de Cornouaille et de Vannes étaient venus, sur son ordre, pour construire les digues et forger les portes qui étaient de fer ; ils avaient couvert le palais d’un métal semblable à l’or (car les korrigans sont d’habiles faux monnayeurs) et, entouré les jardins de balustrades qui brillaient comme de l’acier poli. C’étaient eux qui soignaient les écuries de Dahut, pavées de marbre noir, rouge ou blanc, selon la couleur des chevaux, et qui entretenaient le port où l’on nourrissait les dragons marins ; car Dahut avait soumis par son art les monstres de la mer et en avait donné un à chaque habitant de Kéris, qui s’en servait comme d’un coursier pour aller chercher, au delà des flots, les marchandises rares ou pour atteindre les vaisseaux des ennemis. Aussi tous ces bourgeois étaient si opulents, qu’ils mesuraient le grain avec des hanaps d’argent.
Emile Souvestre, le Foyer Breton.

Bâtie dans ce vaste bassin qui forme aujourd’hui la baie de Douarnenez, elle était défendue contre l’Océan par une digue puissante, dont les écluses ne livraient passage qu’à la quantité d’eau nécessaire aux habitants. Gradlon présidait lui-même, chaque mois, à l’ouverture de ces écluses; la principale s’ouvrait au moyen d’une clef d’argent qu’il portait toujours suspendue à son cou. Le palais du roi était une des merveilles de la terre ; le marbre, le cèdre et l’or y remplaçaient le chêne, le granit et le fer.
Emile Souvestre, En Bretagne.

Dans le Port des Pêcheurs, le piaillement d’une mouette a surgi. En un instant, ce sont des centaines d’oiseaux qui gémissent, crient, appellent une clameur qui monte, s’exaspère sans cesse.
Ahès ne rencontrera pas le cavalier au manteau rouge qui fonce, bride abattue, en exécution des ordres royaux. La passerelle franchie, elle a tourné vers le Port Militaire. Quel calme dans les ruelles. Les sabots de Tempête tirent des pavés inégaux le même bruit que toute une troupe. Gradlon aurait-il commandé une rafle ? Pas une fille ne se montre sur les seuils, pas un rire ne sort des chambres.
Henri Queffélec, Tempête sur la ville d’Ys.

D’innombrables navires relâchaient dans le port d’Ys. Navires de charge phéniciens. Galères carthaginoises et crétoises. Baleinières irlandaises. Coracles armoricains. Sans compter les quinquérèmes du roi Gradlon.
(…)
Le Mrul était surtout fasciné par la digue cyclopéenne qui défiait la mer. Construite en même temps que le château du roi Gradlon par un architecte phénicien dont Comgall venait d’écorcher le nom, cette digue avait pour vocation de protéger le port (qui se trouvait à un niveau plus bas que celui de la mer à marée haute) doté d’une entrée barrée par une chaîne de bronze de soixante dix pieds qui n’était franchissable qu’au jusant.
Roger Facon, la cité d’Ys.

Au fil du temps, le niveau du sol sur lequel les Phéniciens avaient bâti Is avait baissé de plusieurs mètres. A chaque pleine lune, la marée haute envahissait le port.
Pour combattre la mer, une haute digue blanche fut édifiée. Le bassin du port communiquait avec le large par une écluse dont la porte n’était ouverte qu’à la marée descendante. Seul le roi détenait la clef de cette porte. Gradlon la portait toujours sur lui, suspendue à son cou par une chaîne d’or, et rien ni personne n’aurait pu la lui arracher.
Patrice Thoméré, Contes et légendes de Bretagne.

La ville

Nulle cité peuplée au monde ne l’emporte en splendeur sur Ys, larges sont les places publiques, spacieuses les avenues ; les maisons y sont bellement alignées et d’une aimable apparence, avec leurs façades de pierre lisse ou de brique émaillée, avec leurs toits écarlates et leurs rideaux aux vives couleurs.
Charles Guyot, la Légende de la Ville d’Ys .

Mais la richesse les avait rendus vicieux et durs : les mendiants étaient chassés de la ville comme des bêtes fauves ; on ne voulait avoir partout que des gens gais, bien portants et vêtus de drap ou de soie. Le Christ lui-même, s’il fût venu en habit de toile, eût été repoussé. La seule église qu’il y eût dans la ville était si délaissée, que le bedeau en avait perdu la clef ; l’ortie poussait sur le seuil, et les hirondelles nichaient contre les joints de la porte d’entrée. Les habitants passaient les journées et les nuits dans les auberges, les salles de danse, les spectacles, uniquement occupés de perdre leur âme.
Emile Souvestre, le Foyer Breton.

Pas un quartier de la ville où de lumières indécises ne tremblent et cheminent. La belle maison d’Ahès, ancienne villa romaine bâtie pour défier les siècles, a tranquillement résisté aux secousses, en compagnie, on doit le croire, de toutes les solides demeures du voisinage, mais sur la grande étendue de la cité, avec tant de constructions de différents types, aucun malheur ne se sera-t-il pas produit ? Les masures bretonnes qui s’agglomèrent comme une famille de moules contre le Port des Pêcheurs, ne se seront-elles pas disloquées ?
Les amants sont venus au bord de la terrasse. Ils se tiennent doucement par la taille et, penchés en direction de la mer, ils écoutent monter de la ville, peu à peu, toutes les nouvelles. Une cabane s’est effondrée à l’ouest sur un veuf sans enfants qui a eu la jambe cassée, et à l’ouest encore, une vache affolée a couru se noyer dans un puits – à cela se résume l’évènement.
Le spectacle de la grand-place, où Gudolf arrivait, n’était guère fait pour égayer un cœur morose. Les ruines noircies du temple, l’air vétuste des bâtiments administratifs, le nez cassé de la statue centrale, tout l’eût plutôt énervé encore, jusqu’à cette lourde impression de ville importante, officielle, que cherchait à donner ici la convergence des routes.
Même pour le quartier des paysans, désormais c’en était trop.
Abandonnant le mail, Gradlon et Guénolé s’engagent à l’aveuglette dans la longue ruelle sinueuse sur laquelle, à plusieurs centaines de pas, doit ouvrir la haute porte de la maison d’Ahès.
La porte est grande ouverte sur la première cour, jonchée d’étoffes déchirées, d’armes, de coffres éventrés, comme au sortir d’un pillage. Ahés est là, le visage noir de fumée, une torche à la main, La poitrine soulevée par une joie rageuse, elle contemple les flammes qui jaillissent de la puissante construction de pierre, aux larges ouvertures.
Henri Queffélec, Tempête sur la ville d’Ys.

Ma mère a vu la ville d’Is s’élever au-dessus des eaux. Ce n’était que château et tourelles. Dans les façades s’ouvraient des milliers de fenêtres. Les toits étaient luisants et clairs, comme s’ils avaient été de cristal. Elle entendait distinctement les cloches sonner dans les églises et le murmures de la foule dans les rues.
Une femme…vit tout à coup surgir devant elle un portique immense.
Elle le franchit et se trouva dans une cité splendide. Les rues étaient bordées de magasins illuminés. Aux devantures s’étalaient des étoffes magnifiques. Elles en avait les yeux éblouis et cheminait, la bouche béante d’admiration, au milieu de toutes ces richesses.
Anatole le Braz, la Légende de la Mort.

Ils s’engouffrèrent sous la herse aux trois quarts relevée qui ornait la poterne aux flancs percés de casemates et criblés de torchères. Des gamins turbulents et gouailleurs les escortèrent durant toute la traversée de la ville basse. Celle-ci était composée d’habitations disposées en damier autour des rues dallées dont la largeur n’excédait pas trois mètres. Les maisons comportaient des façades simples mais accueillantes. Soubassement de pierres sèches liées au mortier, murs de « pisé », couverture de tuiles noires ou rouges. Des bornes protégeaient les demeures aux angles curvilignes du heurt des chars. Les eaux de ruissellement s’écoulaient par des chaussées pentues et étaient évacuées par des ouvertures en demi-lune ménagées dans les remparts. La propreté des trottoirs et des ruisseaux supposait l’existence d’un quadrillage d’égouts et de canalisations souterraines.
Un rempart intérieur percé par une lourde porte de bronze gardée par des hommes d’armes séparait la ville basse de la ville haute. Comgall dut exhiber un autre laissez-passer (à triple cachet de cire) pour que s’ouvrissent les larges battants sculptés qui donnaient accès aux quartiers résidentiels dominés par la colline du Chaudron d’or où avait été érigé dès la fondation de la cité d’Ys, le château du roi Gradlon.
La villa de Spyridon Phanourakis s’étageait sur le flanc nord de la colline du chaudron d’or. Un vaste jardin orné de portiques l’entourait. A l’ombre des hêtres et de chênes déambulaient des guépards apprivoisés, porteurs de colliers en or massif hérissés de pointes d’argent, et des marcassins aux défenses serties de pierres précieuses qui chargeaient de temps à autre sans grand dommage les vasques de marbre rose, traversaient les bassins de porphyre et s’ébrouaient au milieu des jets d’eau.
Une fois franchi le jardin et la terrasse, on pénétrait dans la gigantesque demeure à colonnades du Corinthien par une superbe porte à double battant d’ébène sculptée incrustée de nacre que manoeuvraient deux serviteurs drapés dans le chiton traditionnel. (…)
Une ligne de colonnes en tuf, cannelées et stuquées, portant un chapiteau dorique, s’élevait à peu de distance des murs ornés de fresques représentant un banquet présidé par les dieux. Thésée revêtu de sa peau de lion y semblait prêt à affronter les Lapithes et les Centaures. Ces colonnes soutenaient un plafond voûté, à caissons, qui constituait un véritable régal pour les yeux d’un esthète, et délimitaient un couloir à fond plat réservé aux convives désireux de gagner leurs places. Le pavement était en porphyre vert de Sparte.
Roger Facon, la cité d’Ys

Emplacement

Selon la tradition il existait au Vème siècle, à l’emplacement actuel de la Baie de Douarnenez, une ville fastueuse aux demeures magnifiques et aux quais animés, dominée par l’éblouissant palais de marbre et d’or du roi de Cornouaille, Gradlon.
Yann Brékilien, Contes et légendes du Pays Breton.

Gradlon le Grand était roi de Cornouaille et sa capitale était édifiée sur le bord de l’océan, face au soleil couchant, entre la presqu’île de Crozon et celle du Cap Sizun. La ville avait été fondée il y avait très longtemps par des navigateurs venus d’Orient, les Phéniciens, qui y avaient établi un comptoir commercial.
Yann Brékilien, Contes et légendes du Pays Breton.

Sire roi, il n’y aurait qu’à louer en votre ville si, par malheur, elle ne se trouvait plus basse que la mer. Quand la mer monte, l’eau envahit nos quais et nos logis, chaque soir nous sommes chassés par le flux, contraints de quérir refuge sur le rocher. Nos maisons sont inondées et gâtées, nos meubles entraînés, nos denrées perdues.
Charles Guyot, la Légende de la Ville d’Ys

Celle-ci s’élevait à la place même où vous voyez aujourd’hui la baie de Douarnenez. Elle était si grande et si belle, que pour faire l´éloge de la capitale des Français, les hommes de l’ancien temps n’ont rien trouvé de mieux que de l’appeler Par-is, c’est-à-dire l’égale d’Is.
Emile Souvestre, le Foyer Breton.

Les légendes nous donnent à peine quelques détails sur sa situation, son étendue, la cause de sa ruine ; mais la tradition populaire nous apprend que c’était une grande cité enrichie par le commerce, embellie par les arts, et si importante que l’on crut honorer la vieille Lutèce en l’appelant Par-Is, c’est-à-dire l’égale de la ville bretonne.
Emile Souvestre, En Bretagne.

Lui-même transféra sa cour en une grande ville située au bord de la mer entre le cap de Fontenay et la pointe de Crozon. Ker Is (la Ville basse) était une ville riche, ses commerçants étaient prospères, ses marins habiles à naviguer sur une mer dangereuse, et la paix régnait entre ses murs.
Patrice Thoméré, Contes et légendes de Bretagne.

La cité, bâtie sur la plage, n’était défendue contre l’Océan que par une digue fort haute et des écluses dont la clef était déposée dans une cassette de fer.
La Ville d’Is, Du Laurens de la Barre.

Eglise & cathédrale

« Et je suis entré dans Ys, j’ai regardé autour de moi, j’ai fouillé les quartiers les plus reculés et j’ai cherché un temple où m’agenouiller devant le Très-Haut. J’ai traversé des palais, marché à l’ombre des tours élevées, je me suis arrêté devant les échoppes pleines de marchandises, nulle part je n’ai découvert la maison de Dieu. »
Dans le temps qu’il faut à l’hirondelle pour arranger son nid, vous construirez, sur la meilleure place, l’église que Dieu réclame à droit ; sa voûte dominera tous les toits, ses murs seront rehaussés d’or, les degrés du parvis seront de marbre, les portes d’argent ouvré. Et, dans le temps que j’ai dit, en sa tour sonneront les cloches, sur l’autel brûleront les flammes sacrées. Et si cela n’est point, vous serez condamnés et pendus comme parjures et mauvais serviteurs.
Les architectes, les bâtisseurs tremblèrent, se considérant les uns les autres, pleins d’effroi, et le roi les renvoya sans qu’ils eussent osé prononcer une parole.
Lors, dans le temps qu’il faut à l’hirondelle pour faire son nid, ils construisirent, pour Gradlon, une église. D’une double enceinte ils entourèrent le saint lieu dont le portail, tourné vers l’orient, fut si élevé qu’il attirait de loin les regards de l’impie comme ceux du fidèle, une grande cour carrée précédait le portique, bordée de galeries à colonnes, au milieu de cette cour étaient des fontaines d’où coulait une eau abondante et fraîche. Trois portes s’ouvraient dans la façade : la principale était d’argent travaillé, les autres de cuivre avec des liaisons d’argent ; par la grande porte on entrait dans la nef, par les petites dans les bas côtés au-dessus desquels étaient des fenêtres barrées de treillis de bois, d’une belle façon, agréablement parés. La nef était portée sur des colonnes massives les murailles brillaient de matières précieuses, de riches ornements, et le pavé était fait de compartiments de marbre aux dessins variés. Autour de l’autel on voyait des trônes pour les prêtres : plus magnifique était destiné à l’évêque. Une barrière de bois d’un art admirable fermait le sanctuaire. Tout était riche et bien fini et digne de Dieu.
Charles Guyot, la Légende de la Ville d’Ys

C’est vrai qu’au lieu de bâtir une église chrétienne, Ys aurait dû vaquer à cent travaux, à cent réparations indispensables. La grande écluse perd ses clous, les digues se fissurent et se rompent – les Romains n’auraient pas toléré de telles choses, bien sûr, ils avaient tellement plus de soin que l’administration cornouaillaise !
Il dit qu’une rixe a éclaté dans l’église chrétienne et s’est poursuivie sur le mail.
Henri Queffélec, Tempête sur la ville d’Ys.

Un des quartiers de la ville s’appelait Lexobie. Il y avait dans Is cent cathédrales et, dans chacune d’elles, c’était un évêque qui officiait.
Anatole le Braz, la Légende de la Mort.

Le chateau de Gradlon

Au château de Dahut la magicienne, les Korrigans avaient entassé des merveilles, car les murs étaient revêtus d’or, de nacre et de corail ; les lits étaient de pourpre et d’incarnat ; aux voutes se balançaient les dais de soie ; le toit, les portes, les barrières entourant les jardins étaient de métal brillant. Les écuries avaient un pavé de marbre dont les dalles étaient, selon la couleur des chevaux, blanches comme la neige, rouges comme le feu, noires comme l’ombre.
Les Korrigans, agiles et invisibles, entretenaient la propreté et beauté du castel, si bien qu’une rivière, par eux détournée de son cours, traversait et lavait les écuries et les places. De même, ils faisaient en la ville toutes besognes mieux que les meilleurs esclaves, ils nourrissaient les dragons marins parqués au port, et, à l’heure de la marée, ils manœuvraient les portes de bronze, car vainement s’y étaient efforcés les hommes les plus vigoureux.
Mais ces portes ne s’ouvraient qu’à l’ordre de Gradlon, à chaque fois il détachait de son col les clefs d’argent, à chaque fois il les y replaçait, car en personne il n’avait confiance pour leur garde ; et jamais ne les laissait, même dans le sommeil.
Or, au soir, quand chacun rentrait et fermait sa demeure, on voyait souvent descendre du castel à la grève, par l’escalier taillé dans le roc, une forme enveloppée de blanches draperies. C’était Dahut, lasse des plaisirs du jour, toute tremblante sous la fraiche brise, elle glissait lentement sur le sable et, abandonnant ses voiles, livrait à l’Océan son beau corps.
Charles Guyot, la Légende de la Ville d’Ys .

Le château du roi Gradlon occupait le sommet de la colline du Chaudron d’or. On y accédait – via les jardins du Corinthien – par une poterne affectant la forme d’un triangle tronqué, délimitée par deux courtines qui aboutissaient à deux tourelles posées en encorbellement et réunies à un parapet par une ligne de mâchicoulis.
Dans la cour d’honneur du château, Spyridon Phanourakis et ses accompagnateurs descendirent de litière pour se mêler à la foule compacte des courtisans.
Roger Facon, la cité d’Ys.

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