Solaire

La lumière est étroitement associée à l’idée de vie et de divin, chacun a en tête le troisième verset de la Genèse : « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. » C’est ce côté transcendant qui fascine dans la lumière et que les anciens ont tenté de percer, comme les rayons percent l’obscurité.

Il y a 2 500ans, Empédocle a lancé les premières hypothèses sur la compréhension de la lumière, remarquant que les choses éloignées semblent plus petits. Il a imaginé que les rayons lumineux sortent de nos yeux et touchent les objets comme la lumière d’un phare découpant la nuit.

Cette façon d’appréhender la lumière et la vision a posé les bases des études sur la lumière, la vision et l’optique dont Euclide s’est ensuite emparé. En réponse à Empédocle, Euclide explique que si les objets lointains paraissent plus petits, c’est que la lumière voyage en ligne droite. Et si la lumière se propage en ligne droite, alors, il est possible d’utiliser le soleil, les étoiles pour se repérer dans l’espace.

Alhazen (ibn al-Ḥasan), postule que les rayons ne viennent pas des yeux, mais arrivent aux yeux et ce, en ligne droite. A l’aide d’un miroir, Alhazen va même comprendre que la lumière rebondit comme une balle sur les objets. Libéré, il bâtira les fondements d’une géométrie optique.

En occident, la lumière est la chose de Dieu, et les découvertes d’Alhazen, mettront un peu plus de 200 ans à infuser la pensée préscientifique. Roger Bacon, s’imprègne des écrits d’Alhazen puis réalise des expériences avec des verres et des cristaux. Il observe la distorsion de la lumière en fonction des milieux qu’elle traverse, la diffraction semblable à l’arc en ciel. Ce dernier le fascine et parvient à le reproduire en vaporisant de l’eau dans un rayon lumineux.

L’église écarte Roger Bacon, pourtant, un problème incident demande à être résolu : la date de la Pâques. Le 1er concile de Nicée a bien établi des règles, mais trop d’incertitudes font désordre. Un dispositif est alors mis au point pour observer la course du soleil et déterminer les moments d’équinoxe : la Terminus Paschae. Tout cela ouvre la voie à une nouvelle astronomie qui aboutira à la fameuse question de l’héliocentrisme.

L’histoire se continue, mais il convient de faire ici une pause. L’observation de la course du soleil a probablement toujours fasciné. Très tôt, l’on va trouver des traces d’observatoires, de figuration du soleil, de la lune et de configurations stellaires. Observations et mesures vont conduire naturellement à des stratégies d’implantation des sites, qu’ils soient collectifs ou privés. Ces stratégies d’implantations relèvent d’une pensée transcendantale ou simplement pratique, liée à des besoins de protection ou au contraire de recherche de lumière.

La compréhension de la course solaire n’est pas intuitive, elle demande de longues et patientes observations et d’un peu d’instrumentation pour noter, retenir, un phénomène fondamentalement lié au temps. Le temps d’effectuer l’observation et le soleil a déjà bougé, il ne reprendra une position proche que le lendemain, elle ne sera plus jamais parfaitement identique.

Les outils de l’architecte pour étudier la position du soleil, le tracé des ombres peuvent être adaptés à l’archéologie afin de vérifier des hypothèses d’alignement ou de positionnement. Ces outils toutefois sont limités à des périodes récentes et ne donnent que des résultats approchés pour les ages plus anciens. Il faut dès lors les adapter, les transformer quelque peu pour produire des résultats corrects. Les méthodes présentées ici rendent compte des recherches liées à l’archéologie et des études effectuées dans des situations contemporaines pour l’évaluation de l’impact, sur le voisinage, de constructions nouvelles.

Voir aussi le blog consacré à la lumière : http://lumieres.nantes.archi.fr/

 

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