Crucuno, image Laurent Lescop

Le tracé de Crucuno

Crucuno, photo Laurent Lescop
Crucuno, photo Laurent Lescop

Le site de Crucuno a-t-il été conçu comme l’a restauré Gaillard, ou ce dernier a-t-il régulé le tracé ? Dans le Archaeologia Cambrensis[1], il est dit que « The Cromlech of Crucuno now, after being « très bien restauré et dégagé», consists of twenty-one menhirs arranged in a rectangle, 136 ft. long by 96 ft. broad. » (page 72). Très bien, signifie-t-il fidèlement ? Outre les photos publiées par Gaillard, il « existe un plan établi par Muray Vicars en 1834, un relevé coté en 1867, visible au Musée de Guernesey, par Dryden et Lukis, puis un autre relevé, assez différent que l’on trouve daté de 1870 et parut avec une petite description dans le Wiltshire Archeological and Natural History[2] n°13, datant de 1872, comme déjà mentionné. Le plan suivant date de 1897, c’est celui de Gaillard que l’on trouve dans son Astronomie Préhistorique. Il faut attendre 1973 pour voir un nouveau relevé, c’est cela de Thom établi en 1973. En 2014, j’ai fait un relevé 3D qui sera présenté ensuite.

Pour établir une première comparaison, les plans historiques ont été recotés afin de vérifier les proportions. Pour recoter les plans, le dessin est importé dans un logiciel de CAO, dans le cas présent le travail a été fait avec Sketchup[3], une trame de base a été redessinée à partir des cotes indiquées sur le plan, puis le plan a été remis à l’échelle et placé en fonction de la trame.

Voici le plan de Lukis de 1867 :

Crucuno Lukis1867
Crucuno Lukis1867

Ce plan montre les menhirs dressés et couchés, les cotes correspondent en proportion.

Le plan suivant de 1870 possède plusieurs problèmes. La cotation montre une déformation du dessin. Les cotes reprises ne correspondent pas aux valeurs indiquées.

Crucuno Lukis 1870
Crucuno Lukis 1870

Si l’on redresse le dessin pour faire correspondre les cotes écrites avec le tracé, on obtient cette forme…

Crucuno Lukis 1870 redressé
Crucuno Lukis 1870 redressé

… qui semble beaucoup plus régulière. Il y a en revanche des menhirs qui manquent ou qui semblent très déplacés. Nous pouvons soupçonner à ce stade que le plan est inversé.

Le plan de Gaillard de 1897 : les cotes vérifiées sont justes.

Crucuno Gaillard 1897
Crucuno Gaillard 1897

Le plan de Thom de 1973, les cotes sont bien entendu justes.

Crucuno Thom 1973
Crucuno Thom 1973

Le relevé 3D de 2014 donne ceci :

Crucuno, nuage de points : Lescop
Crucuno, nuage de points : Lescop
Crucuno Lescop 2014
Crucuno Lescop 2014

Le récapitulatif :

Crucuno, comparaison des plans d'origine
Crucuno, comparaison des plans d’origine

De fait, chacun des arpenteurs a tracé sur son plan des informations sensées aider à la lecture, dans un premier temps, pour consolider les mesures, c’est le rôle des diagonales, puis, pour Thom, pour affirmer les proportions 4 :3 et les distances en Yard Mégalithique exactes. Ce sont autant d’éléments qui conditionnent la lecture. Si l’on retire ces informations et que l’on dessine les menhirs sans surcharges, on obtient des tracés bien moins différents :

Crucuno, comparaison des plans sans surcharges
Crucuno, comparaison des plans sans surcharges

Le plan de 1870 pourrait avoir été inversé. Pour évaluer cette hypothèse, nous pouvons superposer ce plan avec le relevé 3D.

Crucuno, hypothèse d'inversion du plan de 1870
Crucuno, hypothèse d’inversion du plan de 1870

Avec un relevé 3D, nous avons les élévations, il est donc possible de comparer les pierres couchées et leurs élévations actuelles.

Crucuno, comparaison des élévations
Crucuno, comparaison des élévations

Nous constatons en effet, que le modèle inversé fonctionne mieux avec une meilleure correspondance des silhouettes des pierres couchées et des élévations du relevé 3D.

(Texte et illustration à utiliser après demande à l’auteur. Merci.)


  1. The Forty-Fourth Annual Meeting was Held In Brittany during the Fortnight Commencing August 12th, 1889, excursions being made from Auray And Morlaix. President : M. Le Dr. Db Closmadeuc, Président De La Société Polymathique Du Morbihan, in Archaeologia Cambrensis, Cambrian Archaeological Association, 1890, pp.43-80
  2. Lukis, W. C., On the stone avenues of Carnac, Op.Cit.
  3. http://www.sketchup.com/fr

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