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Le docteur architecte et le milieu opérationnel : quelle place, quel avenir ?

Quelle peut être la place d’un docteur architecte dans le milieu opérationnel ?

Quelles sont les charges pesant sur le docteur architecte le pénalisant dans la course à l’emploi dans les milieux de l’architecture et de l’urbanisme ? Comment valoriser une spécificité pas vraiment reconnue de la profession ?

 Il existe de nombreuses inconnues dans la dénomination même du docteur architecte. Le diplôme d’architecte est un diplôme d’état, détaché (jusqu’à présent, jusqu’à la mise en place de la réforme LMD) du cursus universitaire classique. Le diplômé ne pourra exercer sa profession qu’une fois inscrit à l’ordre des architectes ou sous la forme d’un emploi salarié où il n’aura aucunes responsabilités vis à vis des projets sur lesquels il pourra intervenir. Les doctorats dans lesquels s’investissent les architectes ne sont pas des doctorats spécifiques à l’architecture. Ce sont souvent des spécialités présentes dans le bon exercice de la profession enrichissant les savoirs et parfois les savoirs faire, mais n’ont nullement de valeur globalisante rendant compte de l’ensemble des facettes du métier.La profession regarde rarement la surenchère de diplôme comme une preuve de compétence. Le métier d’architecte complexe et redoutable dans ses conséquences s’il en est, se fonde années après années sur l’expérience. Le talent créatif et le savoir concevoir ne définissent que partiellement les qualités requises pour exercer, tant il vrai qu’il faut y ajouter des qualités de gestion et surtout de mise en cohérence des très nombreuses données que le professionnel a à gérer.De par sa nature, la doctorat isole le thésard de deux valeurs fondamentales structurantes du métier d’architecte :

  1. la mise en relation de données partielles techniques ou théoriques (qui fondent généralement les sujets de thèse en les raccordant aux disciplines périphériques à l’architecture) avec l’ensemble cohérent que l’on pourrait appeler projet et
  2. la mise en relation avec les différents intervenants du projet, allant de la maîtrise d’ouvrage à la maîtrise d’œuvre en passant par les collectivités ou les entreprises. (Ceci créant souvent le paradoxe où l’état de l’art technique des recherches ignore les outils et techniques disponibles sur le marché).

 Le docteur architecte va donc de façon prioritaire trouver refuge dans les laboratoires de recherche ou dans l’enseignement, tant il vrai toutefois que la titularisation de son poste ne pourra se faire qu’à des conditions d’âge et d’expérience de terrain. S’il veut retourner sur le marché privé, le docteur architecte sera confronté aux « simples dplg » (selon l’ancienne formulation) sa thèse pouvant dès lors devenir un handicap (le fameux syndrome du surdiplôme). Les alternatives existent néanmoins (et heureusement). La profession d’architecte évolue sans cesse et les demandes émanant de la maîtrise d’ouvrage mais aussi plus largement de la société, vont croissantes et se complexifient d’autant. Les problématiques de développement durable, de HQE, d’agenda 21 demandent de mettre en place des programmes proches de ceux rencontrés lors de la définition d’une stratégie de recherche : approche pluridisciplinaire, état de l’art, mise en place d’hypothèse sont ainsi autant de techniques réclamées. Parmi toutes les conclusions que nous pourrions envisager sur le devenir des thésards en formation, il en est une qui est particulièrement adaptée à notre question : le docteur architecte ne doit pas s’envisager comme une personne (compétence) isolée ou seule. Il doit s’intégrer à une équipe qui dès lors pourra pleinement bénéficier des facultés d’analyse, de synthèse, d’invention et de restitution acquises lors de la thèse.(J’ai soutenu ma thèse en 1999 à l’amorce du mouvement visant à créer de véritables thèses en architecture, depuis les choses ont peu évoluées)

Nantes, le mémorial et la traite atlantique

Restitution du travail des étudiants de l’Ecole Nationale d’Architecture de Nantes

PRESENTATION GENERALE

Depuis maintenant 5 ans, les écoles d’architecture de Nantes (ENSAN) et de Dessau (HochSchule AnHalt) opèrent des échanges pédagogiques sous des formes diverses. Cela a commencé par l’encadrement commun de diplômes, puis la participation croisée à des jurys. Depuis 2 ans, les deux écoles sont parvenues à harmoniser un semestre complet, en France et en Allemagne, en proposant aux étudiants un sujet identique, un voyage d’échange et de découverte, un jury croisé et des rendus exposés dans l’une et l’autre des écoles.
Ce programme, particulièrement exigent pour les enseignants en terme d’investissement temps, ne pourrait être réalisé sans le soutien actif et financier des deux institutions et surtout de l’Office Franco Allemand pour la Jeunesse.

ENVIRONNEMENT PEDAGOGIQUE

A Nantes et à Dessau, quatre enseignants animent l’atelier, Bruno Suner et Laurent Lescop pour le côté nantais, Johannes Kalvelage et Manfred Sundermann pour la partie allemande. Les groupes d’étudiants concernés sont ceux de master (4eme et 5eme année) pour les français, le groupe allemand pouvant être plus ouvert, accueillant par exemple le groupe de « l’international course ».
Le sujet proposé est commun aux deux écoles, néanmoins, il a été convenu que les enseignants déploieraient des méthodologies « inversées » afin de d’interroger plus encore les pratiques et les résultats. Pour simplifier, les français partent d’une approche sensible pour aller vers une rationalisation de la question, les allemands démarrent d’une analyse rationnelle pour produire une réponse sensible.
Le travail se déroule sur un semestre, le premier tiers étant consacré au voyage et à la familiarisation avec le sujet, le deuxième à l’apprentissage instrumental et méthodologique, le troisième à la production. Pour les français la restitution du travail se fait sous la forme de courts métrages et de planches graphiques, pour les allemands sous l’aspect de projection et de plans détaillés.

LES QUESTIONS ABORDEES

Nous inscrivons notre démarche dans une problématique résolument européenne, tentant de rappeler aux étudiants que nous avons une histoire commune bien plus entrelacées que l’on bien parfois le laisser croire. L’épicentre pouvant être en Allemagne ou en France, les destins des deux nations sont liés. L’échelle de notre approche englobe les deux pays et plus encore.
L’idée est de proposer des sujets à fort marquage historique, en alternant, une année en Allemagne, c’est le sujet « continental », une année en France, c’est le sujet « atlantique ».
L’an dernier nous avons travaillé sur CheckPoint Charlie à Berlin ou comment évoquer et utiliser ce symbole de la désunion pour mieux construire la réunification alors que partout ailleurs dans le monde, de nouveaux murs se construisent. (Voir en annexe le cahier des illustrations).
Cette année, basculement sur la France pour le sujet « atlantique » : que faire de l’héritage de la traite atlantique.

RAPSODIE ATLANTIQUE

Alors que nous avions décidé d’aborder la question de la traite atlantique il y a plus d’un an déjà, l’actualité récente a donné à cette question des échos plus que puissant. L’élection du nouveau président américain a redit que la traite atlantique, pose la question du repeuplement du continent américain, repeuplement double fondé sur l’inégalité et la discrimination, les possédants d’un côté, les asservis d’un autre. La réduction totale de cette fracture ne pouvant être visible, peut-être que ces tout derniers temps.
Autre sujet se rappelant brutalement à nous, l’exploitation du continent Africain dans un commerce en triangle toujours existant, impliquant les continents européens et américains, mais bousculé maintenant par la puissante Chine. Les soubresauts politiques violents de l’Afrique sont autant d’indices révélant les convoitises que le monde a pour une terre immensément riche.
Plus près de nous, ce sont les mémoires individuelles qui se construisent et reconstruisent, s’interprètent ou s’aveuglent en fonction des parcours sociaux, des facilités de reconnaissance ou des pesanteurs que les pressions économiques et sociales. Ces mémoires réclament parfois des lieux de souvenir comme des autels à honorer incluant même d’éventuels actes sacrificiels symboliques.
Le sujet « Rapsodie Atlantique » cherche à rendre compte de cela, puis interroge les futurs architectes sur la place et l’image que de telles forces peuvent occuper dans la ville.

NANTES : VILLE DE LA TRAITE

Au 15ème siècle, un gigantesque trafic se met en place entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Durant près de 400 ans, des millions d’hommes vont être déportés en Afrique contre des produits européens et transportés à fond de cale, comme des marchandises, à travers l’Atlantique. Nantes a été  au 18ème siècle un des principaux ports négriers d’Europe. En trois quarts de siècle, Nantes a traité un peu plus de 450 000 captifs africains et assuré plus de 45 % de la traite négrière en France. Ce commerce est monté en puissance à partir du début du XVIIIe avec le rachat par les négociants nantais du privilège de la Compagnie des Indes orientales. Les tonnages sont de plus en plus impressionnants, sauf pendant les périodes de guerre avec l’Angleterre, notamment la guerre de Sept Ans. On note alors un ralentissement du trafic, comme pendant le blocus continental sous l’Empire. Blocus qui verra l’émergence de la ville de Magdebourg par exemple, en Allemagne.
Pourtant, les seules empreintes qui existent sont d’ordre architectural, avec le néo-classicisme et le baroque nantais. Mais les traces sont diffuses, la ville a longtemps refusé de gérer cette part de passé. (source Association les Anneaux de la Mémoire : http://www.lesanneauxdelamemoire.com/traite/expoindex.htm)

LE SUJET PROPOSE EN 2008/2009

Pour les français comme pour les allemands, il s’agit de travailler sur un lieu qui soit autant un lieu de mémoire qu’un lieu dynamique, tourné vers l’avenir. A ce titre le concept de World Fair Trade Center a été proposé par les enseignants. Le site sera situé en plein centre de l’agglomération nantaise, sur la partie ouest de l’Ile de Nantes.
Les étudiants français partent de fictions qu’ils inventent puis réalisent sous la forme de courts métrages en images de synthèse. Pour ces films, les étudiants isolent une question particulière qu’ils transforment en dramatique. De cette histoire va naitre le projet architectural.
Les étudiants allemands partent de l’analyse du site pour construire un projet répondant à un programme co-rédigé par les enseignants.
La restitution se fait pour les étudiants français sous forme de planches et d’un DVD, pour les étudiants allemands sous forme de planches et de montages projetables.

CALENDRIER ET ACTIONS PHARES.

* Entre février 2008 et septembre 2008 : des réunions préparatoires se sont tenues à Nantes et à Dessau entre enseignants afin de caler le programme et valider le sujet à venir
* Septembre 2008 : inscription des étudiants en France et en Allemagne. Le nombre d’inscrit est une donnée importante pour la bonne marche du programme, un effectif trop faible ne permet pas de mener à bien le projet, des groupes pléthoriques viendraient pénaliser la qualité de l’enseignement. A Nantes a été établi un principe de quotas.
* Mi-septembre 2008, nous avons arrêté le tracé de notre voyage. Le principe du voyage est de permettre aux étudiants français et allemands de se connaitre et d’échanger dans un cadre qui n’est pas le leur. Sur la route, une ambiance particulière se créée, favorisant l’interaction. Connaissant nos effectifs, nous avons pu équilibrer le groupe français et le groupe allemand. Le voyage devait croiser deux thématiques afin de rendre notre travail efficient : la revitalisation portuaire et les transformations urbaines, les traces du commerce triangulaire.
* Octobre 2008 : voyage.

o Pour les allemands Dessau – Nantes.
o Ensemble : à Nantes, visite de la ville, visite des Ecoles d’Architecture de Nantes (l’ancienne et la nouvelle), le musée consacré à la traite négrière, conférence avec l’association « les anneaux de la Mémoire »
o Visite de Saint Nazaire, les installations portuaires, le monument à la mémoire de la traite.
o Visite de la Rochelle, port négrier, visite du musée du nouveau monde comportant des pièces exceptionnelles concernant la traite et le commerce triangulaire.


o Nous avions pris un point de base à Anglet afin de pouvoir rayonner. Mais les chauffeurs ont refusé l’étape Bordeaux (autre port négrier) sous différents prétextes. Nous avons donc avancé l’étape Bilbao afin de découvrir le pont transbordeur (équivalent à celui de Nantes), la revitalisation portuaire et le musée Guggenheim. Bilbao au début de la traite était en concurrence directe avec Nantes et des enjeux économiques forts ont lié les deux villes. Il était intéressant de voir comment les deux ports se sont développés sur des bases communes.


o Etape à san Sebastian en remplacement de Bordeaux qui nous pouvait plus se faire, visite indispensable du palais des congrès de l’architecte Moneo, qu’aucun de nos jeunes futurs architectes ne pouvait manquer.
o Visite de la Ville de Rochefort, ancien port de construction navale et visite du chantier de l’Hermione, le navire de la Fayette, afin de donner aux étudiants l’échelle de ce que pouvait être un navire négrier. En effet, suite ) l’interdiction de la traite en 1812, les armateurs ont utilisé des navires de nature assez proche (des bricks par exemple, plus fins, plus rapides, afin d’échapper à la police maritime anglaise).


o Retour à Nantes, visite du site du projet et des installations de « la Fabrique » (architecture mobile : l’éléphant).
Le voyage reste un moment déterminant dans notre programme. Outre l’interconnaissance des groupes allemands et français, il permet de mesurer à la bonne échelle les problématiques que nous leur proposons. L’an dernier, les français avaient réellement changé mentalement suite à leur séjour en Allemagne. Au départ, le mur, la bipolarité étaient des notions floues, les clichés étaient omniprésents. Cette année, au-delà de l’éloignement temporel des faits, les étudiants devaient travailler une matière particulièrement tragique mais très diffuse dans leur quotidien. La visite des ports a opéré un premier travail de mise en cohésion.
o Novembre2008 – janvier 2009, à Nantes et à Dessau, travail en atelier avec les enseignants.
o Fin janvier 2009 : jury français
o Février 2009 : jury allemand
o Février 2009 : première projection publique des films français
o Mai 2009, pour la journée du 10 mai, projection-débat avec officiels dans un cinéma de Nantes des films et exposition des travaux franco-allemands

UN SUJET D’ACTUALITE

>Toute l’actualité du grand ouest > Nantes – samedi 16 février 2008

MEMORIAL : « LES VIEUX DEMONS REVIENNENT AU GALOP » – NANTES
samedi 16 février 2008

Jean-Marc Ayrault s’est dit hier « profondément choqué que la droite vienne, une nouvelle fois, polémiquer sur le Mémorial dédié à l’abolition de l’esclavage. » À ses yeux, « ceux qui sont contre le projet n’acceptent pas que la Ville regarde son passé en face […]. Les vieux démons reviennent au galop […]. »
Et le candidat-maire de poursuivre : « Ce Mémorial est le fruit d’un travail collectif. Et c’est d’un commun accord que Krzysztof Wodiczko, l’artiste polonais a été choisi. Ce sera un lieu de méditation et d’interpellation. On y rendra aussi hommage à ceux qui se sont battus contre l’esclavage. Et il n’est pas question de culpabiliser les Nantais ou de montrer du doigt les descendants des familles d’armateur. La droite n’a toujours pas compris l’image d’ouverture et de tolérance de cette ville […]. Pourtant, avec ce Mémorial, Nantes va devenir une référence. »
Jean-Marc Ayrault est également revenu très rapidement sur Port-Liberté, le projet architectural emblématique que Sophie Jozan, son adversaire UMP, souhaite installer sur la proue ouest de l’Ile de Nantes : « C’est un projet flou. Il n’y a rien derrière. »

LE MEMORIAL ECHAUFFE TOUJOURS LES ESPRITS
Maguy Salomon et Paul Rotach devant l’emplacement de la statue de l’esclave se libérant de ses chaînes, profanée en avril 1998.

LA CONSTRUCTION DU MEMORIAL DEDIE A L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE DEBARQUE DANS LA CAMPAGNEDES MUNICIPALES. LE POINT SUR UN DOSSIER QUI DIVISE TOUJOURS.
« Il n’est pas opportun, de mon point de vue, d’attacher ce boulet à Nantes… » Dans la salle de documentation du centre culturel Louis-Delgrès, Maguy Salomon et Paul Rotach relisent les propos de Claire Fresson, conseillère municipale CNI de Nantes, sur le projet de Mémorial dédié à l’abolition de l’esclavage (Ouest-France du 1er février). L’indignation étrangle leur voix : « Quel affreux jeu de mot ! Ce n’est pas possible qu’une élue nantaise puisse tenir un tel discours, s’insurgent les deux membres du Collectif du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Ces propos sont teintés d’ignorance. En construisant ce Mémorial, il ne s’agit pas de culpabiliser les Nantais de souche, encore moins d’appeler à la révolte les Africains et les Antillais vivant ici, mais tout simplement d’assumer cette période. Il ne faut pas que pareille horreur se reproduise. »

Longtemps refoulé, ce passé d’ancienne capitale française de la traite négrière a resurgi à Nantes, au grand jour, voici une quinzaine d’années. Il y a d’abord eu le succès de l’exposition des Anneaux de la Mémoire (1992) : 400 000 visiteurs en un an et demi. Puis ce fameux projet de Mémorial sur le Quai de la Fosse, imaginé par l’artiste polonais Krzysztof Wodiczko.

Port-Liberté ou Mémorial ?

Ce rappel du passé négrier de Nantes a suscité bien des polémiques, voire même des débordements : « On se souvient qu’en 1998, une poignée d’exaltés avait profané, sur le Quai de la Fosse, une statue d’une jeune artiste, Liza Marcault-Dérouard, représentant un esclave se libérant de ses chaînes », tonne Paul Rotach. Cette statue est aujourd’hui exposée dans une salle du musée du château des Ducs.

Dans un tout autre registre, le débat sur la pertinence même du Mémorial fait rage. Lors de réunions, parfois houleuses, du conseil municipal, majorité et opposition se sont affrontées sur le coût du monument et « la facture qui ne cesse de s’alourdir » : 7 millions d’euros. Enfin, en pleine campagne des municipales, la candidate Sophie Jozan propose Port-Liberté, une construction emblématique sur la proue ouest de l’Ile de Nantes, véritable contre-projet au Mémorial, « sinistre monument enfoui dans un souterrain inondable à l’abri de quais en mauvais état. » Et la tête de liste de la droite de poursuivre : « Nous ne voulons pas porter la ville de cette manière négative. La réconciliation a déjà été faite par les Anneaux de la Mémoire. »

Si elle est élue maire, Sophie Jozan n’exclut pas de « faire machine arrière » et d’arrêter le projet au profit de Port-Liberté. « Tout dépend des engagements passés entre la Ville et Krzysztof Wodiczko, conclut-elle. Cette question pourrait être débattue lors d’un referendum d’initiative locale. »

Tous ces arguments font fulminer Maguy Salomon, de l’Association Mémoire de l’Outre-Mer : « Ce Mémorial est d’autant plus nécessaire que la lutte contre l’abolition de l’esclavage n’est pas terminée. Y compris à Nantes. Il n’y a qu’à se promener dans certaines rues pour constater que la prostitution, cet esclavagisme des temps modernes, fait encore rage. »

Joël BIGORGNE.
Ouest-France

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MERCREDI 21 JANVIER 2009

NANTES AURA SON MEMORIAL

Vue de l’escalier principal du Mémorial qui permettra d’accéder à une passerelle, sous le quai de la Fosse. Image de synthèse Agence Roulleau
LES NOUVEAUX APPELS D’OFFRES SERONT LANCES EN MARS PROCHAIN POUR UN DEBUT DES TRAVAUX ESPERE EN MARS 2010.
> Réagissez à cet article
« J’AI PRIS L’ENGAGEMENT QUE NANTES MARQUE DE FAÇON SOLENNELLE ET DURABLE SON RAPPORT A L’HISTOIRE ET PLUS PARTICULIEREMENT CE PASSE DE PREMIER PORT NEGRIER DE FRANCE. ET JE VEUX LE TENIR ». Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et président de Nantes Métropole est formel : le mémorial de l’abolition de l’esclavage se fera bien. Et en tenant le budget de 6,9 M€.

Le seul mémorial de France

C’est ce qui est ressorti de la réunion de travail de mercredi dernier dans les locaux de la communauté urbaine, entre les deux concepteurs américains, l’artiste Krzystof Wodiczko et l’architecte Julian Bonder, et les représentants de la collectivité (nos éditions du 15 janvier). « NOUS SOMMES PARVENUS A SAUVER LA SALLE D’EXPOSITION EN SOUS-SOL SUR LAQUELLE PESAIT EFFECTIVEMENT UNE MENACE, EN TROUVANT DES ECONOMIES SUR D’AUTRES POSTES » précise Jean-Marc Ayrault.

Pour le président de Nantes Métropole, ce projet est essentiel. Non pas comme acte de contrition ou comme volonté « DE DIABOLISER NI DE REGLER DES COMPTES » mais bien comme un appel à se projeter dans l’avenir, « A REFLECHIR SUR L’ESCLAVAGE MODERNE, A INTERPELLER POUR CONSTRUIRE ». Jean-Marc Ayrault le répète : Nantes a vocation à ça.

« J’AI PRIS CET ENGAGEMENT MORAL ET JE VEUX L’ASSUMER PLEINEMENT. NOUS NE SOMMES PAS TOURNES VERS LE PASSE, NOUS ASSUMONS NOTRE HISTOIRE. MAIS L’AVENIR SE CONSTRUIT TOUJOURS A PARTIR DE VALEURS ». Et Nantes a là une vraie carte à jouer. Car si la France a bien arrêté la date du 10 mai pour commémorer chaque année l’abolition de l’esclavage, il n’existe aucun mémorial sur le thème. « CELUI DE NANTES SERA LE PREMIER ET AURA DE CE FAIT UNE DIMENSION NATIONALE ».

Ethique et symbolique

À Nantes, la réflexion sur le sujet est déjà ancienne. « NOUS AVONS DEMARRE DES 1992 AVEC L’EXPOSITION LES ANNEAUX DE LA MEMOIRE. MAIS IL FAUT DU TEMPS POUR QU’UN TEL PROJET MURISSE ». L’idée du Mémorial, elle, est née en 1998. Et toute une dynamique s’est créée autour de ça. À l’exemple des échanges très fructueux entre des jeunes des Dervallières et Rufisque, au Sénégal. « ET CE SERAIT DOMMAGE DE CASSER CETTE DYNAMIQUE DANS LAQUELLE S’INSCRIT EGALEMENT L’INAUGURATION PROCHAINE DE L’INSTITUT D’ETUDES AVANCEES QUI ACCUEILLERA DES CHERCHEURS DU MONDE ENTIER APPELES A TRAVAILLER SUR LES RELATIONS NORD/SUD ».

Aujourd’hui, le projet s’inscrit dans une nouvelle dimension : l’aménagement de l’axe Gare/Loire. « CE SERA LA PREMIERE PIERRE DE L’AMENAGEMENT DES QUAIS DE LA RIVE NORD DE LA LOIRE ». Et à ceux qui trouveraient le projet trop cher, Jean-Marc Ayrault répond : « C’EST UN VRAI INVESTISSEMENT QUI DONNERA DU TRAVAIL. MAIS AU-DELA DU LIEU ET DE L’AMENAGEMENT DE L’ESPACE, IL Y A UNE REELLE DIMENSION ETHIQUE ET SYMBOLIQUE ».?

Dominique Bloyet

dominique.bloyet@presse-ocean.com
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ACTUALITE NANTES
MARDI 20 JANVIER 2009

LE MEMORIAL DE L’ESCLAVAGE VERRA BIEN LE JOUR

Le projet de mémorial, tel qu’il a été présenté en 2004.

OU EN EST-ON DU PROJET DE MEMORIAL DEDIE A L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE, QUAI DE LA FOSSE ? EN L’ABSENCE ACTUELLE DE COMMUNICATION OFFICIELLE, LES ELEMENTS DE REPONSE DE LA REDACTION.
+ Pour ou contre ce mémorial ? Exprimez-vous dans notre forum

On a eu des craintes quant à la réalisation du mémorial de l’esclavage. Verra-t-il vraiment le jour ?

Oui, mais avec beaucoup de retard. Fin 2004, début 2005, on évoquait une inauguration en 2007 ! Ensuite, il a été question officiellement de fin 2009. Aujourd’hui, on sait qu’il ne sera pas prêt avant 2010-2011. Mais bien malin qui peut donner une date précise.

Combien coûtera le mémorial ?

C’est le noeud du problème. Évalué à 4,2 millions d’euros en 2005, le coût n’a cessé d’augmenter pour atteindre, dernier budget connu, 6,9 millions d’euros, toutes taxes comprises, en juin 2008. Et aucun cas, cette somme ne peut être dépassée. Elle pourrait même baisser. Nantes Métropole a donc entamé une réflexion avec l’artiste plasticien Krzysztof Wodiczko et l’architecte Julian Bonder, pour voir s’il n’était pas possible de faire des économies dans la réalisation du projet, sans remettre en cause le concept.

Au final, pourquoi le mémorial se fera ?

Une réunion de travail avec l’artiste et l’architecte a eu lieu au siège de Nantes Métropole jeudi dernier. Elle a été fructueuse : des solutions sont sur le point d’être trouvées (par exemple sur le choix des matériaux). Et de toute manière, le quai de la Fosse doit, un jour ou l’autre, être rénovés. Autre raison, politique cette fois, ce mémorial est un engagement de la majorité et du député-maire, président de la communauté urbaine, en particulier.

Concrètement, où en est-on dans le processus de réalisation du projet ?

Le permis de construire a été délivré le 29 avril dernier. Et il est d’ailleurs affiché sur le site, à proximité de la passerelle Victor-Schoelcher (pont « piéton » du palais de justice). En revanche, des appels d’offres pour la réalisation du marché ont été infructueux ; d’autres ont dépassé le plafond financier. De nouveaux appels d’offres, tenant compte des modifications dans la réalisation du projet, seront lancés. Et le contexte économique incite les entreprises à faire preuve de modération.

Quelle est la position de l’opposition ?

Elle demande clairement l’abandon du projet actuel et une nouvelle réflexion sur un autre projet. Mais tout redémarrer à zéro ne fera qu’accroître les retards. Le groupe Ensemble pour Nantes, présidé par Sophie Jozan (UMP), est le plus virulent. Il dénonce un « yoyo financier » et l’attitude de la municipalité. Quant au Modem, il insiste sur la nécessité de faire des économies.

Y a-t-il eu une communication officielle sur le retard ?

Pas vraiment, surtout depuis septembre 2008, c’est le silence radio. Et ce mutisme des autorités sur ce sujet a alimenté les plus folles rumeurs. Aujourd’hui encore, officiellement, personne ne donne d’explications précises. Nantes Métropole « entend communiquer en temps et en heure », selon l’expression consacrée. Toutefois, on peut comprendre que les citoyens nantais, notamment les membres de l’association Mémoire d’Outre-Mer, veulent être informés de l’avancement du dossier et des difficultés.

Philippe GAMBERT.

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REPERES HISTORIQUES

Dates à retenir à propos de l’esclavage
1441-1542
– 1441 : Des navigateurs portugais ramènent les premiers esclaves ; début de la traite négrière organisée par l’Europe.
– 1492 : Christophe Colomb découvre l’Amérique.
– 1518 : Charles Quint autorise la traite et l’esclavage.
– 1626 : Autorisation accordée pour déporter 40 esclaves nègres à l’île de Saint-Christophe, première colonie française d’Outre-Mer.
– 1642 : Louis XIII autorise la traite et l’esclavage dans les colonies françaises.
1643-1688
– 1643 : Première expédition négrière française officiellement reconnue : « l’Espérance » de La Rochelle revient de Saint-Christophe.
– 1670 : Colbert accorde la liberté de commerce avec les îles.
– 1672 : Première expédition négrière de Bordeaux ; « Le Saint-Étienne de Paris ».
– 1674 : Liquidation de la compagnie des Indes occidentales.
– Rattachement des Antilles au domaine royal.
– Mars 1685 : Le code noir (arrêts et règlements à l’égard des esclaves), promulgué à Versailles, par Louis XIV.
– Il reconnaît aux hommes libres de couleur les mêmes droits qu’aux Blancs.
– 1688 : Première expédition négrière de Sant-Malot : « Le Pont d’Or ».
1738-1794
– 1738 : Déclaration royale limitant le séjour des esclaves Noirs en France à 3 ans.
– 1749 : Année négrière Française la plus productive : 44 expéditions quittent Nantes pour l’Afrique.
– 1770 : Les Quakers interdisent la possession d’esclaves.
– Publication clandestine par l’abbé Raynal de « L’histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens dans les deux Indes », contenant des attaques contre la politique des peuples colonisateurs, contre le clergé, et contre l’inquisition.
– 1777 : Interdiction à toute personne de couleur, Nègre ou Mulâtre d’entrer en France.
– 5 avril 1778 : Interdiction des mariages mixtes (inter raciaux) en France.
– 1783 : Orientation de la traite Française vers l’océan Indien.
– 1788 : Création de la société des amis des Noirs (Objet : abolition de la traite et de l’esclavage.).
– créée par Jacques-Pierre Brissot de Warville (journaliste) et Étienne Clavière (financier protestant), présidée par Condorcet, puis par l’abbé Grégoire en 1790. Mirabeau, Lavoisier, La Fayette en font partie.
– 26 août 1789 : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
– 1791 : Début de l’insurrection des esclaves à Saint Domingue
– 11 mai 1791 : Proposition de loi de Vief Ville Des Essarts affranchissant les esclaves et supprimant la traite.
– Déclenchement de l’insurrection des esclaves à Saint-Domingue.
– 13 mai 1791 : Déclaration de Robespierre : « Dès le moment où, dans l’un de vos décrets, vous aurez prononcé le mot esclave, vous aurez prononcé votre propre déshonneur et le renversement de votre constitution : périssent les colonies si vous les conservez à ce prix ».
– 15 mai 1791 : Vote de la constituante de l’amendement REUBELL, accordant les droits de citoyen aux gens de couleur, nés de père et mère libres.
– 28 septembre 1791 : Amendement annulé, mais la constituante prévoit que tout individu est libre aussitôt qu’il est entré en France.
– 04 avril 1792 : La législative accorde l’égalité des droits aux gens de couleur libres.
– 29 août 1793 : Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue.
– 18 septembre 1793 : Janvier Littée, mulâtre, élu député de la Martinique le 28 octobre 1792, est admis à la convention (1 er député de couleur membre d’une assemblée parlementaire en Europe).
– 04 février 1794 : La convention abolit l’esclavage dans les colonies françaises (Décret du 16 pluviôse an II).
– Jean-Baptiste Mars Bellay, esclave Noir né à Gorée, représente Saint-Domingue à la convention nationale.
– Cette loi n’ayant été ni préparée ni pensée dans ses applications, causera de nombreux désordres dans les colonies (affrontements sanglants entre esclaves et colons)
1802-1830
– 20 mai 1802 : Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies françaises (décret du 30 floréal an X).
– Débarquement des troupes françaises à Saint-Domingue (Expédition de Leclerc).
– 07 juin 1802 : Arrestation de Toussaint Louverture.
– 02 juillet 1802 : Réduction des droits civils des libres de couleur.
– 1803 : Guerre franco britannique.
– Mort de Toussaint Louverture au Fort de Joux.
– La Danemark abolit la traite.
– 1804 : Proclamation de l’indépendance de Saint-Domingue qui devient Haïti.
– 1807 : La Grande-Bretagne et les États-Unis abolissent la traite.
– 1808-1817 : Les portugais occupent la Guyane.
– 1810 : Prise de l’Île de France par les anglais.
– 29 mars 1815 : Napoléon décrète l’abolition de la traite, en application du traité de Paris.
– 1817 : Louis XVIII signe une ordonnance interdisant la traite en France. Démarrage de la traite illégale jusqu’en 1830, au moins.
– 1829 : Début de l’immigration indienne vers les colonies françaises.
– Abolition de l’esclavage au Mexique.
– 1830 : Dernière expédition négrière nantaise reconnue comme telle : La Virginie.
1832-1845
– 1831-1832 : Rétablissement des droits civils des libres de couleur.
– Lois améliorant le sort des esclaves (interdiction des peines de mutilation) et facilitant leur affranchissement.
– Suppression de la taxe d’affranchissement.
– Extinction de la traite illégale.
– 1833 : La Grande Bretagne abolit l’esclavage dans toutes ses colonies.
– En France, sont supprimées la mutilation et les marques infligées aux esclaves rebelles.
– Abolition de l’esclavage au Canada.
– 24 avril 1833 : Charte coloniale : « Les libres de couleur accèdent à la plénitude des droits politiques et deviennent électeurs et éligibles dans les mêmes conditions que les blancs. »
– 1834 : Création de la société pour l’abolition de l’esclavage présidée par le duc de Broglie.
– 1837 : La question de l’émancipation générale des esclaves est désormais posée rituellement chaque année devant le parlement (Notamment par Tocqueville en 1840).
– 1839 : Le Pape Grégoire XVI condamne officiellement la traite négrière.
– 1840 : Convention mondiale anti-esclavagiste.
– 1842 : Victor Schoelcher publie « Colonies françaises. Abolition immédiate de l’esclavage ».
– 1843 : Rapport du parlement de la commission de Broglie sur l’esclavage (révision de la législation de l’esclavage dans les colonies françaises). Il prône la suppression progressive par l’affranchissement automatique des enfants à naître.
– 22 janvier 1844 : Pétition des ouvriers parisiens pour l’abolition.
– 15 août 1845 : Loi Mackau interdisant de refuser son affranchissement à l’esclave capable de payer son rachat.
1848
– 4 mars 1848 : Victor Schoelcher est nommé « sous secrétaire d’état chargé spécialement des colonies et des mesures relatives à l’abolition de l’esclavage ».
– Proclamation du gouvernement provisoire : « Nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves. »
– 10 avril 1848 : Agitation en Martinique, arrivée du décret Schoelcher du 04 mars.
– 27 avril 1848 : Décret du gouvernement provisoire abolissant l’esclavage dans toutes les colonies.
– 22-23 mai 1848 : Insurrections en Martinique.
– 23, 27 mai 1848 : Abolition en Martinique , puis en Guadeloupe.
– 3, 5 juin 1848 : Arrivée du décret en Martinique, puis en Guadeloupe.
– 10 juin 1848 : Arrivée du décret en Guyane.
– 17 juillet 1848 : Le décret du 27/04 est connu à la Réunion.
– 10 Août 1848 : Proclamation de l’abolition en Guyane.
– 22 août 1848 : Louisy Mathieu, ancien esclave, est élu représentant suppléant de la Guadeloupe à l’assemblée nationale, ou il est admis au siège en remplacement de V. Schoelcher, qui a opté pour la Martinique.
– 14 octobre 1848 : Arrivée du décret à la Réunion.
– Tentative de résistance légale des propriétaires blancs.
– 04 novembre 1848 : L’abolition de l’esclavage est inscrite dans la constitution : « L’esclavage ne peut exister sur aucune terre française » (Article 6).
– 20 décembre 1848 : Abolition à la Réunion.
1849-1890
– 1849 : Dernier navire négrier français soupçonnable « Le Tourville » aurait débarqué des Noirs au Brésil.
– 30 avril 1849 : Adoption de la loi relative à l’indemnité accordée aux colons par suite de l’affranchissement des esclaves.
– 1851 : Abolition en Colombie.
– 1853 : En Argentine.
– 1854 : Au Venezuela.
– 1855 : Au Pérou.
– 1863 : L’esclavage est abolit dans les colonies hollandaises de Surinam et Curaçao.
– 1865 : Abolition aux États Unis.
– 1870 : Le suffrage universel est rétabli dans les colonies françaises.
– Abolition dans les colonies espagnoles.
– 1873 : Abolition à Puerto Rico.
– 1876 : En Turquie.
– 1885 : Conférence de Berlin ; mesures contre l’esclavage.
– 1886 : Abolition à Cuba.
– 1888 : Abolition au Brésil.
– 1890 : Deuxième conférence de Berlin au sujet de l’esclavage en Afrique.
1926-2000
– 1926 : Convention internationale sur l’esclavage.
– 19 mars 1946 : Abrogation du statut colonial.
– Les vieilles colonies deviennent départements français.
– 1948 : Déclaration universelle des droits de l’homme.
– 10 février 1999 : Proposition de loi tendant à reconnaître l’esclavage en tant que crime contre l’humanité adopté en première lecture par l’assemblée nationale française.
– 8 mars 2000 : Le sénat français reconnaît l’esclavage et la traite en tant que crime contre l’humanité

REPERES BIBLIOGRAPHIQUES

– Catalogue de l’exposition « Les Anneaux de la Mémoire »
– Itinéraires de l’exposition «Les Anneaux de la Mémoire »
– La traite des Noirs en 30 questions, Eric Saugera, Geste éditions, La Crèche, 1998
– La dernière traite, Hubert Gerbeau et Eric Saugera, Société française d’histoire d’outre-mer, Paris, 1994
– La véridique histoire d’Olaudah Equiano, Editions Caribéennes, Paris, 1987
– Les Fabuleuses aventures d’Equiano, Jean-Jacques Vayssière, Editions Ganndal, Conakry, 2001
– L’esclave qui parlait aux oiseaux, Yves Pinguilly et Zaü, Editions Rue du monde, 2003
– Deux graines de cacao, Evelyne Brisou-Pellen, Editions Hachette jeunesse, Paris, 2003
– Esclaves et négriers, Jean Meyer, Editions Découvertes Gallimard, Paris, 2003
– Les traites négrières, Olivier Pétré-Grenouilleau, Editions La documentation française, Paris, 2003
– Les passagers du vent (bandes dessinées), François Bourgeon, Editions Glénat, Grenoble, 1988 :
– N°1, La fille sous la dunette
– N°2, Le ponton
– N°3, Le comptoir de Juda
– N°4, L’heure du serpent
– N°5, Le bois d’ébène
– Des chaînes à la liberté (1615/1848), Jean Breteau et Marcel Lancelin, Editions Apogée, Rennes, 1998
– Le grand livre de l’esclavage, des résistances et de l’abolition, Editions Orphie, 2000
– De l’indigène à l’immigré, Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, Découvertes Gallimard, 1998
– Les passagers du vent, un ouragan d’images ou le XVIIIème siècle dévoilé, François Bourgeon, Edition Ville de Nantes-Anneaux de la Mémoire, 1992
– La saga du sucre, Service des Espaces Verts de la Ville de Nantes
– Le sucre Luxe d’autrefois, Collections Deleplanque et Musée du Nouveau Monde de La Rochelle, 1991
– La route de l’esclave, UNESCO, 1998
– The slave route, UNESCO, 1998
– La ruta del esclavo, UNESCO, 1998
– Négripub, l’image du Noir dans la publicité, Ed. Somogy, 1992
– La rencontre des deux mondes vue par les peintres d’Haïti, Catalogue de l’exposition « Haïti – 500 ans d’histoire » de Jean-Marie Drot, Ed. Carte Segrete, 2006
– Et ils suivirent la Grande Ourse, conte de Jeanette Winter, Ed. Françoise Deflandre
– Code Noir et Nègres Marrons, d’Hector Poullet, suivi de « Pour mieux comprendre l’histoire de l’esclavage » par Philippe Moreau-Sainz, Ed. ART
– Abécédaire de l’esclavage des Noirs, Gilles Gauvin, Editions Dapper.