http://www.ouest-france.fr/larmor-baden-deux-chercheurs-nantais-decryptent-lile-de-gavrinis-356837
Philippe GAMBERT
C’est un monument gravĂ©. Mieux, une oeuvre artistique dont l’expression graphique, la composition ont dĂ©jĂ inspirĂ© de nombreux artistes, comme William Turner, Henri Moore, Richard Long, Janos Ber. Ces sculptures ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es par un Michel Ange du NĂ©olithique. La tombe Ă couloir de Gavrinis a Ă©tĂ© Ă©difiĂ©e environ 5 000 ans avant JĂ©sus-Christ.
Joyau de l’architecture
Dans le golfe du Morbihan, le joyau de l’architecture mĂ©galithique, situĂ© sur l’Ă®le de Gavrinis, est visitĂ© par 30 000 personnes par an (et pas plus, afin de ne pas trop abĂ®mer le lieu). BientĂ´t, il pourra ĂŞtre vu sous un jour nouveau grâce aux outils les plus modernes.
Deux chercheurs nantais
Serge Cassen, l’archĂ©ologue, et Laurent Lescop, l’architecte, deux chercheurs nantais, proposent, pour complĂ©ter la visite sur le terrain, une visite virtuelle interactive. Une première projection sur Ă©cran circulaire a eu lieu hier, en tout petit comitĂ©, Ă l’Ă©cole d’architecture de Nantes. Les dĂ©tails des sculptures sont apparus. Sculptures de flèches, de haches ou de carcois sont identifiables.
Lien entre Locmariaquer et Gavrinis
Ce projet démarre par une déception. Celle de Serge Cassen, archéologue, chercheur au CNRS dépité par la restauration du dolmen de la Table des marchands, à Locmariaquer : « Ce chantier avait été mal coordonné avec les archéologues. »
Alors, il s’est dit que pour le cairn de Gavrinis, il fallait Ă tout prix qu’archĂ©ologues et architectes travaillent main dans la main. D’autant que le cairn de Gavrinis et la Table des marchands ont une origine commune.
Un grand menhir sculpté
Au dĂ©part, il y a un grand menhir sculptĂ© qui est tombĂ© et s’est brisĂ©, vraisemblablement au cinquième millĂ©naire avant JĂ©sus-Christ. Un morceau a servi Ă couvrir la Table des marchands.
L’autre fragment a pris la direction de Gavrinis pour faire la couverture du cairn. Au nĂ©olithique, Gavrinis Ă©tait accessible Ă pied, mĂŞme si la rivière d’Auray bordait dĂ©jĂ l’endroit.
105 millions de points relevés
Le travail entrepris par Serge Cassen et Laurent Lescop vise Ă dĂ©crypter les signaux gravĂ©s au sein de la tombe monumentale de Gavrinis, particulièrement sur les dalles dressĂ©es, appelĂ©es des orthostates, qui forment le couloir. Et cela y compris dans la partie interdite au public ; une vraie rĂ©serve archĂ©ologique qu’il faut sauvegarder, selon Serge Cassen.
« On a commencĂ© par acquĂ©rir des donnĂ©es, centimètre par centimètre et mĂŞme Ă l’Ă©chelle millimĂ©trique grâce au soutien de diffĂ©rents ingĂ©nieurs. Un vrai travail d’Ă©quipe », explique Laurent Lescop. Ă€ l’aide d’un scanner et d’un appareil laser, 105 millions de points ont Ă©tĂ© relevĂ©s.
Chromonographie et photographie numérique
Avec d’autres techniques, notamment la chromonographie ou la photographie numĂ©rique, ce « nuage de points » permet d’avoir une vision prĂ©cise du contour des gravures. « On peut recomposer le geste du sculpteur. Son cheminement prĂ©cis. Et mĂŞme deviner s’il Ă©tait gaucher ou droitier. » Mais il reste encore beaucoup Ă faire pour dĂ©chiffrer le mythe qui a peut-ĂŞtre inspirĂ© l’artiste, ou les artistes, du NĂ©olithique.
Poursuite du travail l’Ă©tĂ© prochain
L’Ă©tĂ© prochain, les scientifiques vont poursuivre leur travail. Sur le site notamment. Par le biais de dĂ©monstrations : « On va chercher Ă retrouver les gestes des graveurs du NĂ©olithique sur des fragments de granit. » A voir lors des visites touristiques organisĂ©es au dĂ©part de Larmor-Baden.
Ouverture de Gavrinis du 29 mars au 6 novembre, départ de Larmor-Baden. Les travaux des chercheurs Serge Cassen et Laurent Lescop sont visibles sur un blog : gersa.nantes.archi.fr.








































