{"id":10235,"date":"2017-10-17T13:30:39","date_gmt":"2017-10-17T12:30:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/?p=10235"},"modified":"2017-10-15T13:51:00","modified_gmt":"2017-10-15T12:51:00","slug":"le-palimpseste-checkpoint-charlie-essai-de-scenologie-dun-lieu-emblematique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/?p=10235","title":{"rendered":"Le palimpseste Checkpoint Charlie : essai de sc\u00e9nologie d&rsquo;un lieu embl\u00e9matique"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>A la recherche de la fronti\u00e8re effac\u00e9e\u00a0: le mur \u00e0 Berlin : le palimpseste Checkpoint Charlie<\/h1>\n<p><em>R\u00e9sum\u00e9<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_10236\" aria-describedby=\"caption-attachment-10236\" style=\"width: 592px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10236\" src=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/word-image-372.png\" alt=\"Mes fun\u00e9railles \u00e0 Berlin, Guy Hamilton\" width=\"592\" height=\"240\" srcset=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/word-image-372.png 592w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/word-image-372-300x122.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10236\" class=\"wp-caption-text\">Mes fun\u00e9railles \u00e0 Berlin, Guy Hamilton<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Synecdoque de la coupure est\/ouest, le mur de Berlin trouvait son acm\u00e9 \u00e0 Checkpoint Charlie. Or, en quelques mois, apr\u00e8s la rupture du 9 novembre 1989, l\u2019ensemble des installations a disparu laissant dans un premier temps un vide, puis se r\u00e9urbanisant relativement rapidement.<\/em><\/p>\n<p><em>S\u2019il n\u2019en reste que d\u2019\u00e9vanescentes traces, le mur reste attach\u00e9 au nom de Berlin et draine des milliers de touristes \u00e0 la recherche du frisson de l\u2019oppression. A Checkpoint Charlie, o\u00f9 la fusion des deux Allemagne a banalis\u00e9 le site, seule une petite cabane reconstruite signale le fameux point de passage.<\/em><\/p>\n<p><em>Figure iconique de la litt\u00e9rature et du cin\u00e9ma, CheckPoint Charlie glisse de la sc\u00e8ne r\u00e9elle \u00e0 un d\u00e9cor install\u00e9 \u00e0 mi chemin entre le t\u00e9moignage et l\u2019attraction foraine. <\/em><\/p>\n<p><em>Nous allons d\u00e9crire ce processus en montrant comment la fiction cin\u00e9matographique alimente la m\u00e9moire collective, r\u00e9inventant l\u2019histoire, et ce, dans sa dimension spatiale.<\/em><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pour citer l&rsquo;article :<\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><strong>Laurent Lescop. \u00c0 la recherche de la fronti\u00e8re <\/strong>effac\u00e9e :<strong> le <\/strong>mur<strong> \u00e0 Berlin, le <\/strong>palimpseste<strong> Checkpoint <\/strong>Charlie :<strong> Espace repr\u00e9sent\u00e9, <\/strong>espace<strong> en repr\u00e9sentation.\u00a0<i>Fronti\u00e8res oubli\u00e9es, fronti\u00e8res retrouv\u00e9es<\/i>, Presses Universitaires de Rennes, pp.361-374, 2012, Marches et <\/strong>limites anciennes<strong> en France et en Europe, 978-2-7535-1739-4.\u00a0<a href=\"http:\/\/www.pur-editions.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u3008http:\/\/www.pur-editions.fr\u3009<\/a>.\u00a0<a href=\"https:\/\/hal.archives-ouvertes.fr\/hal-01502068\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u3008hal-01502068\u3009<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n<p><em>Summary<\/em><\/p>\n<p><em>Even though the wall has disappeared, it remains attached to the name of Berlin and attracts thousands of tourists seeking the thrill of oppression. At Checkpoint Charlie, only a small reconstructed hut recalls the famous crossing point.<\/em><\/p>\n<p><em>Unable to rebuild the Berlin wall to satisfy the tourists, the city explores better solutions. Therefore, the memory is constructed from old photographs, films, but mostly fiction. But does it convey a fair picture? Films feed the collective memory, rewrite history, slide from reality. That\u2019s what is checked here by superimposing the city map, on the cinema set.<\/em><\/p>\n<h1>A la recherche de la fronti\u00e8re effac\u00e9e\u00a0: le mur \u00e0 Berlin : le palimpseste Checkpoint Charlie<\/h1>\n<h1>Essai de sc\u00e9nologie<\/h1>\n<h1>Ce qui fait lieu<\/h1>\n<p>Un grillage s\u2019\u00e9tire \u00e0 l\u2019infini. Impossible de savoir pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 nous sommes, ici semble pareil \u00e0 l\u00e0-bas, l\u2019ensemble se perd dans l\u2019indiff\u00e9rence et l\u2019indiff\u00e9renci\u00e9. Un jour de 1961, un couple se pr\u00e9cipite sur les fils m\u00e9talliques qu\u2019un passeur vient de couper. Les Vopos<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-1\" href=\"#post-10235-footnote-1\">[1]<\/a><\/sup> tardent \u00e0 r\u00e9agir, la femme plonge mais s\u2019accroche violement aux barbel\u00e9s, sa t\u00eate bascule en arri\u00e8re, elle perd l\u2019\u00e9quilibre. Son compagnon la rattrape, ils sont pass\u00e9s. Longtemps ensuite, ce point auparavant indiff\u00e9renci\u00e9, sera le sujet de toutes les attentions, de tous les espoirs.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que s\u2019est constitu\u00e9 un lieu. <strong>Identifi\u00e9<\/strong>\u00a0: nous savons que c\u2019est \u00e0 cet endroit que les choses se sont d\u00e9roul\u00e9es, nous savons aussi qu\u2019\u00e0 ce moment des personnes ont cr\u00e9\u00e9 du lien, ont \u00e9tabli une <strong>relation<\/strong> m\u00eame si elle \u00e9tait conflictuelle. Le r\u00e9cit se diffuse apportant \u00e0 ce lieu une <strong>historicit\u00e9<\/strong>. Les traces persistantes portent l\u2019histoire de micro \u00e9v\u00e8nement<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-2\" href=\"#post-10235-footnote-2\">[2]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Cette portion de grillage a \u00e9t\u00e9 le <strong>th\u00e9\u00e2tre<\/strong> d\u2019un accident, dirait-on. Mais plus que le th\u00e9\u00e2tre, elle en a \u00e9t\u00e9 la sc\u00e8ne dans un dispositif immersif. Ainsi na\u00eet un lieu, de ces trois composantes\u00a0: l\u2019identit\u00e9 qui le singularise des autres lieux ou qui le fait \u00e9merger de l\u2019indiff\u00e9renci\u00e9 (dimension spatiale), le relationnel qui l\u2019attache \u00e0 une forme d\u2019usage (dimension sociale) et l\u2019historicit\u00e9 qui le relie \u00e0 une chronologie dans laquelle peuvent exister des moments saillants (dimension temporelle).<\/p>\n<p>Retourner sur place, constater ce qui reste comme traces apr\u00e8s cet accident, alors que nous sommes avertis de cette histoire, en fait un <strong>lieu <em>en<\/em> repr\u00e9sentation<\/strong>. Les souvenirs viennent restituer les protagonistes et les extraire des m\u00e9moires pour les faire exister dans le d\u00e9cor devenu vide. Par l\u2019action de chacun, agissant comme des porteurs de m\u00e9moire, se cr\u00e9e un <strong>lieu <em>de<\/em> repr\u00e9sentation<\/strong><em>, <\/em>c\u2019est un dire un lieu qui se raconte.<\/p>\n<p>Plus tard, des artistes s\u2019inspireront de ce r\u00e9cit pour \u00e9crire une fiction film\u00e9e. Ils trouveront un grand studio et d\u00e9rouleront quelques dizaines de m\u00e8tres de barbel\u00e9s prenant bien soin d\u2019y accrocher quelques chiffons d\u00e9chiquet\u00e9s. Ils poseront un arbre dont ils \u00e9tudieront la forme. Le d\u00e9cor deviendra un <strong>lieu repr\u00e9sent\u00e9<\/strong>. C\u2019est celui qui sera probablement le plus vu, le plus m\u00e9moris\u00e9.<\/p>\n<h1>Le mur absent<\/h1>\n<p>Une fine ligne pav\u00e9e serpente en ville. Elle passe d\u2019un trottoir \u00e0 l\u2019autre, emprunte la chauss\u00e9e indiff\u00e9rente au passage des voitures ou des pi\u00e9tons. Concurrenc\u00e9e par d\u2019autres marquages au sol, elle s\u2019en distingue par une forme d\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 la r\u00e8gle urbaine. Elle oblique, abandonne le parall\u00e9lisme et, comme prise d\u2019une soudaine folie, vient percuter une maison ou plonger dans un canal.<\/p>\n<p>Pointill\u00e9 de la carte, rendu visible sur le territoire, cette fine ligne pav\u00e9e est ce qui reste du mur de Berlin. \u00c7\u00e0 et l\u00e0, une plaque de cuivre vient nous le rappeler. Suivre le mur, le franchir d\u2019un pas et revenir, d\u00e9fier autant que l\u2019on veut l\u2019histoire, est ais\u00e9. Ce qui l\u2019est moins, c\u2019est de savoir de quel c\u00f4t\u00e9 l\u2019on se trouve. Le trac\u00e9 est tellement tortueux qu\u2019il est souvent d\u00e9routant pour qui chercherait \u00e0 savoir si l\u2019on est \u00e0 l\u2019ouest ou \u00e0 l\u2019est.<\/p>\n<figure id=\"attachment_10237\" aria-describedby=\"caption-attachment-10237\" style=\"width: 1384px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10237\" src=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcligne2010.png\" alt=\"Trac\u00e9 du mur (Lescop)\" width=\"1384\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcligne2010.png 1384w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcligne2010-300x84.png 300w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcligne2010-768x215.png 768w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcligne2010-1024x286.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1384px) 100vw, 1384px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10237\" class=\"wp-caption-text\">Trac\u00e9 du mur (Lescop)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le mur n\u2019est plus ou pratiquement plus. Il en reste, non loin de l\u2019immeuble de la Gestapo, un fragment sur la Niederkirchnerstra\u00dfe, le long de la M\u00fchlenstra\u00dfe, la Stresemannstra\u00dfe, quelques panneaux Postdamer Platz ou dans l\u2019East Side Gallery. Emiett\u00e9, on le trouve en vente dans une bulle de verre dans les boutiques touristiques, au bout de porte-cl\u00e9s. Deux cent cinquante fragments ont \u00e9t\u00e9 vendus aux ench\u00e8res et on pouvait en admirer quelques pi\u00e8ces dans la ville de Courbevoie qui en avait fait acquisition avec l&rsquo;Epad<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-3\" href=\"#post-10235-footnote-3\">[3]<\/a><\/sup>. En 1996, ces troph\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s dans les sous-sols de la D\u00e9fense<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-4\" href=\"#post-10235-footnote-4\">[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>C\u2019est pourtant bien ce mur-l\u00e0 que viennent chercher une partie des sept millions de touristes venant \u00e0 Berlin chaque ann\u00e9e, \u00e0 la poursuite d\u2019un frisson que seule la fiction a pu entretenir. Synecdoque, le mur est l\u2019histoire, le conflit et le territoire.<\/p>\n<p>L\u2019image que nous avons du mur est occidentale L\u2019alignement de panneaux \u00e0 sommet arrondi, tel que nous le voyons couramment, n\u2019est pas la vision qu\u2019en avait les berlinois de la RDA. L\u00e0 aussi s\u2019instaure un point de vue, une perspective, une subjectivit\u00e9. A l\u2019est, l\u2019approche du mur pouvait par endroits sembler moins brutale, signal\u00e9e par un panneau de taille modeste avec un avertissement\u00a0: \u00ab\u00a0R\u00e9gion Fronti\u00e8re, d\u00e9fense de passer\u00bb. A quelques d\u00e9cam\u00e8tres, derri\u00e8re, se dressait un mur, presque insignifiant, constitu\u00e9 de plaques de b\u00e9ton horizontales. Mais si l\u2019on voulait franchir ce premier obstacle, ce n\u2019est pas \u00e0 Berlin ouest que l\u2019on arrivait, mais dans un vaste espace neutralis\u00e9, constitu\u00e9 de lignes coercitives parall\u00e8les, barbel\u00e9s, mines, herses, chiens\u2026le mur ouest se trouvant entre cinquante et quatre-vingt dix m\u00e8tres de distance<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-5\" href=\"#post-10235-footnote-5\">[5]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_10238\" aria-describedby=\"caption-attachment-10238\" style=\"width: 1384px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10238\" src=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcmureo2010.png\" alt=\"Le mur (lescop)\" width=\"1384\" height=\"362\" srcset=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcmureo2010.png 1384w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcmureo2010-300x78.png 300w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcmureo2010-768x201.png 768w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpcmureo2010-1024x268.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1384px) 100vw, 1384px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10238\" class=\"wp-caption-text\">Le mur (lescop)<\/figcaption><\/figure>\n<p>G\u00e9ographiquement parlant, ce mur est une fronti\u00e8re urbaine au sens de Lynch<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-6\" href=\"#post-10235-footnote-6\">[6]<\/a><\/sup> , il d\u00e9coupe un territoire et s\u00e9pare deux entit\u00e9s diff\u00e9renci\u00e9es. Mais le mur est route, canal, habitation, il recouvre des r\u00e9alit\u00e9s physiques tr\u00e8s diverses, il s\u2019\u00e9tire sur 43 km<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-7\" href=\"#post-10235-footnote-7\">[7]<\/a><\/sup> en intra urbain\u00a0; sa <strong>d\u00e9signation<\/strong>,\u00a0 \u00ab\u00a0le mur\u00a0\u00bb, en tant qu\u2019objet unique, en fait un espace propre, ind\u00e9pendant, dans lequel il trouve sa coh\u00e9rence indiff\u00e9remment des voisinages qu\u2019il fr\u00e9quente. Son rayonnement dramatique vient de l\u00e0\u00a0: le mur semble ne tenir compte ni du territoire, ni de l\u2019urbain ni du social.<\/p>\n<p>L\u2019historicit\u00e9 de ce lieu, les relations paroxystiques qui s\u2019y d\u00e9roul\u00e8rent, son identification comme symbole de la coupure est\/ouest, l\u2019aura spectrale qu\u2019il entretient avec la ville, en font aussi et surtout un <strong>lieu de m\u00e9moire<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-8\" href=\"#post-10235-footnote-8\">[8]<\/a><\/sup><\/strong>.<\/p>\n<p>Comme dispositif<strong>, ce \u00ab\u00a0lieu-mur\u00a0\u00bb poss\u00e8de deux axes\u00a0: l\u2019axe transversal est celui de l\u2019interdit et l\u2019axe longitudinal est celui de l\u2019attente.<\/strong> C\u2019est l\u2019attente du franchissement, l\u2019attente de l\u2019information, l\u2019attente de la destruction. Ces deux axes continueront de d\u00e9finir le fant\u00f4me du mur m\u00eame apr\u00e8s sa destruction. L\u2019axe transversal sugg\u00e8re aujourd\u2019hui des travers\u00e9es fictives, des franchissements s\u00e9curis\u00e9s, des retours possibles, il \u00e9tait et reste dans l\u2019imm\u00e9diat. L\u2019axe longitudinal invite \u00e0 remonter le temps, il \u00e9tait et reste dans la dur\u00e9e, dans la contemplation et l\u2019interrogation. Ce sont deux axes, l\u2019un diachronique, l\u2019autre synchronique.<\/p>\n<h1>Le point d\u2019acm\u00e9<\/h1>\n<p>Il existait sept points de passage entre les secteurs Ouest (am\u00e9ricains, anglais et fran\u00e7ais) et Est (sovi\u00e9tiques) au sein m\u00eame de la ville de Berlin\u00a0: tout au nord,\u00a0le poste-fronti\u00e8re Bornholmer Stra\u00dfe (le fameux pont), en suivant le mur vers le sud, le poste-fronti\u00e8re situ\u00e9 \u00e0 l\u2019angle de Chausseestra\u00dfe et Liesenstra\u00dfe, puis le poste-fronti\u00e8re Invalidenstra\u00dfe situ\u00e9 \u00e0 l\u2019est du pont Sandkrugbr\u00fccke, le poste-fronti\u00e8re Friedrichstra\u00dfe dans la derni\u00e8re station de RER. R\u00e9serv\u00e9 aux \u00e9trangers, le poste-fronti\u00e8re Friedrichstra\u00dfe, Checkpoint Charlie, est rest\u00e9 le plus c\u00e9l\u00e8bre. En continuant vers le sud et l\u2019est se trouvaient le poste-fronti\u00e8re situ\u00e9 autrefois dans la Heinrich-Heine-Stra\u00dfe, le poste-fronti\u00e8re Oberbaumbr\u00fccke et enfin le poste-fronti\u00e8re Sonnenallee.<\/p>\n<p>Du 22 aout 1961 \u00e0 la chute du mur, CheckPoint Charlie est rest\u00e9 le point de passage principal entre Berlin Ouest et Berlin Est. D\u2019un simple barrage obstacle sur la chauss\u00e9e, le poste s\u2019est transform\u00e9 en v\u00e9ritable barrage routier dot\u00e9 de 10 voies de circulation, occupant une surface totale de 15 000m\u00b2.<\/p>\n<p>Le 27 octobre 1961, un incident va singulariser CheckPoint Charlie, hyst\u00e9riser l\u2019histoire et frapper durablement l\u2019imagination et la m\u00e9moire en devenant le th\u00e9\u00e2tre d\u2019un face \u00e0 face entre chars russes et am\u00e9ricains. Dans la matin\u00e9e, trente-trois chars sovi\u00e9tiques se postent \u00e0 la Porte Brandebourg. Ils r\u00e9pondent ainsi \u00e0 l\u2019initiative am\u00e9ricaine de Clay de forcer la fronti\u00e8re pour laisser passer un diplomate am\u00e9ricain vers Berlin Est. Dix tanks sovi\u00e9tiques se dirig\u00e8rent vers Checkpoint Charlie et s\u2019alignent face aux dix blind\u00e9s am\u00e9ricains arriv\u00e9s entre temps, distants d\u2019une centaine de m\u00e8tres \u00e0 peine. C\u2019est le premier face \u00e0 face (standoff en anglais) depuis le d\u00e9but de la Guerre Froide.<\/p>\n<p>De part et d\u2019autre, les militaires attendent les ordres, inquiets \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019un soldat trop nerveux ne fasse feu et ne d\u00e9clenche ainsi une fusillade\u2026peut-\u00eatre la troisi\u00e8me guerre mondiale. Les cha\u00eenes de commandement am\u00e9ricaines et sovi\u00e9tiques sont directement reli\u00e9es \u00e0 la Maison Blanche et au Kremlin. Kennedy prend aussit\u00f4t contact avec Khrouchtchev pour lui demander de bien vouloir reculer un peu, assurant que les Am\u00e9ricains feront de m\u00eame.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s seize heures de tension, le premier char sovi\u00e9tique c\u00e8de cinq m\u00e8tres imit\u00e9 par un char am\u00e9ricain. Un \u00e0 un les blind\u00e9s se retirent rel\u00e2chant une pression devenue insupportable. Clay, \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incident, a manqu\u00e9 de pr\u00e9cipiter le monde dans une guerre pour laquelle personne n\u2019\u00e9tait r\u00e9ellement pr\u00eat. Il sera \u00e9cart\u00e9, gratifi\u00e9 de ce commentaire du g\u00e9n\u00e9ral Bruce Clarke, commandant des forces am\u00e9ricaines en Allemagne de l\u2019ouest\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019est ce que Clay pensait qu\u2019il \u00e9tait en train de faire\u00a0? On ne crache pas \u00e0 la face d\u2019un bulldog<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-9\" href=\"#post-10235-footnote-9\">[9]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cet incident marque ce territoire, l\u2019identifie comme un <strong>lieu en repr\u00e9sentation<\/strong>, le th\u00e9\u00e2tre des tensions Est\/Ouest. CheckPoint Charlie devient d\u00e8s lors le lieu de r\u00e9f\u00e9rence, connu et charg\u00e9 d\u2019une symbolique extraordinairement puissante.<\/p>\n<h1>Icones<\/h1>\n<p>\u00ab\u00a0You are leaving the american sector\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vous sortez du secteur am\u00e9ricain\u00a0\u00bb. Ce panneau en quatre langues, dernier avertissement avant de passer dans l\u2019autre monde, est devenu l\u2019une des figures iconiques de CheckPoint Charlie, du mur et de la guerre froide en particulier. Le texte en cyrillique renforce la diff\u00e9rence entre le monde occidental (que l\u2019on peut d\u00e9chiffrer) et le monde communiste \u00e0 l\u2019\u00e9criture herm\u00e9tique.<\/p>\n<p>En avant du panneau, la gu\u00e9rite, servant au contr\u00f4le des papiers et gard\u00e9e par quelques soldats, \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9e d\u2019un muret de sacs de sable. La premi\u00e8re version ressemblait \u00e0 une petite cabane largement pourvue de fen\u00eatres et surmont\u00e9e d\u2019une pancarte \u00ab\u00a0Allied Checkpoint &#8211; US Army CheckPoint\u00a0\u00bb Un long m\u00e2t s\u2019appuyait sur la fa\u00e7ade tourn\u00e9e vers les sovi\u00e9tiques, un drapeau am\u00e9ricain y flottait.<\/p>\n<figure id=\"attachment_10239\" aria-describedby=\"caption-attachment-10239\" style=\"width: 1384px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10239\" src=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/3dcpc.png\" alt=\"mod\u00e9lisation de la cabane\" width=\"1384\" height=\"772\" srcset=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/3dcpc.png 1384w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/3dcpc-300x167.png 300w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/3dcpc-768x428.png 768w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/3dcpc-1024x571.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1384px) 100vw, 1384px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10239\" class=\"wp-caption-text\">mod\u00e9lisation de la cabane<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cette gu\u00e9rite n\u2019est pas un bastion, ni un donjon, c\u2019est un petit obstacle administratif pos\u00e9 au milieu de la chauss\u00e9e, un pav\u00e9 blanc domin\u00e9 par les hauts immeubles de part et d\u2019autre les installations sont un peu plus loin\u00a0: les barbel\u00e9s, les murs, la tour de guet, les soldats. Au fil des ann\u00e9es, la cabane a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e, la toiture a \u00e9t\u00e9 allong\u00e9e lui conf\u00e9rant une coiffe plus large, on l\u2019a d\u00e9doubl\u00e9e. Plus tard, une nouvelle version est install\u00e9e<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-10\" href=\"#post-10235-footnote-10\">[10]<\/a><\/sup>. Rectangle r\u00e9gulier pos\u00e9 sur un \u00eelot, agr\u00e9ment\u00e9 d\u2019une paire de bacs \u00e0 fleurs, une toiture plate d\u00e9centr\u00e9e offrant un auvent aux personnes contr\u00f4l\u00e9es. Elle ressemblait un peu \u00e0 un conteneur am\u00e9nag\u00e9<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-11\" href=\"#post-10235-footnote-11\">[11]<\/a><\/sup>. Le m\u00e2t, un peu moins haut, rappelait toujours que le poste \u00e9tait am\u00e9ricain, mais la pancarte, arborant l\u2019indication \u00ab\u00a0Allied CheckPoint Charlie\u00a0\u00bb s\u2019agr\u00e9mentait des drapeaux am\u00e9ricains, anglais et fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Cabane, panneau, m\u00e2t avec drapeau, muret de sacs de sable sont devenus les figures iconiques de CheckPoint Charlie, les \u00e9l\u00e9ments remarquables, les points indiciels du d\u00e9cor de ce point de passage.<\/p>\n<h1>Lieu de repr\u00e9sentation<\/h1>\n<p>\u00ab\u00a0Libert\u00e9 pour les enfants<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-12\" href=\"#post-10235-footnote-12\">[12]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb. Plant\u00e9e \u00e0 l\u2019angle de la ZimmerStrasse et de CheckPoint Charlie, Jutta Gallus<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-13\" href=\"#post-10235-footnote-13\">[13]<\/a><\/sup> interpelle les passants et surtout les m\u00e9dias, pour une cause personnelle mais partag\u00e9e par de nombreux Allemands.<\/p>\n<p>En 1982, Jutta tente de passer \u00e0 l\u2019ouest mais est arr\u00eat\u00e9e avec ses deux filles de 9 et 11 ans. Jet\u00e9e en prison, sa tentative ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9e, elle voit ses enfants confi\u00e9es \u00e0 son ex-mari rest\u00e9 fid\u00e8le au r\u00e9gime de la RDA. La RFA ach\u00e8te la prisonni\u00e8re, pratique courante, deux ans plus tard. Pass\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest, Jutta organise, avec l\u2019aide d\u2019un journaliste, une s\u00e9rie d\u2019actions spectaculaires afin de sensibiliser le monde et les autorit\u00e9s est-allemandes.<\/p>\n<p>Son \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 est CheckPoint Charlie. Femme sandwich d\u2019une juste cause, elle prend le d\u00e9cor du point de passage comme <strong>lieu de repr\u00e9sentation<\/strong> de sa revendication. Les photos de cette femme dans ce point de ville ass\u00e9ch\u00e9 par la s\u00e9curisation militaire, \u00e9meuvent la presse allemande et internationale. C\u2019est la cr\u00e9ation d\u2019une image o\u00f9 la protagoniste se place dans un d\u00e9cor symbolisant son \u00e9crasement, son agonie morale.<\/p>\n<p>Le 24 ao\u00fbt 1988 les enfants sont enfin rendues \u00e0 leur m\u00e8re. Des endroits o\u00f9 Jutta a hurl\u00e9 sa cause, Stockholm, le Vatican, c\u2019est CheckPoint Charlie qui restera comme le lieu le plus marquant, le plus symbolique, celui que le cin\u00e9ma restituera quelques ann\u00e9es plus tard.<\/p>\n<p>Sc\u00e8ne pour l\u2019extraordinaire, c\u2019est aussi une sc\u00e8ne pour dans le quotidien. Depuis 1962, journalistes, militaires, touristes, captent l\u2019\u00e9volution du site. Le mus\u00e9e de CheckPoint Charlie expose ainsi les vedettes du cin\u00e9ma venues ici capter le frisson du r\u00e9el qu\u2019ils retranscriront dans leurs films<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-14\" href=\"#post-10235-footnote-14\">[14]<\/a><\/sup>. De ces milliers d\u2019images, aujourd\u2019hui sem\u00e9es sur la toile, \u00e9merge une caract\u00e9ristique forte\u00a0: les vues sont prises de l\u2019Ouest vers l\u2019Est, tr\u00e8s rarement de l\u2019autre point de vue. L\u2019espace est orient\u00e9, Checkpoint Charlie est bien une sc\u00e8ne dont le public se trouve plac\u00e9 et dont le regard est dirig\u00e9.<\/p>\n<p>Le public est m\u00eame au balcon. Des observatoires \u00e9taient install\u00e9s pour voir par-dessus le mur, pour regarder Berlin Est. Mais les acteurs de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des foss\u00e9s ne sont pas toujours ravis de cette position. Le film \u00ab\u00a0Sonnenallee<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-15\" href=\"#post-10235-footnote-15\">[15]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb montre bien, sous le couvert de la com\u00e9die, que le spectacle se fait aussi au d\u00e9pens des figurants, observ\u00e9s et moqu\u00e9s par le monde occidental.<\/p>\n<h1>Comme un membre fant\u00f4me<\/h1>\n<p>Checkpoint Charlie est ouvert le 10 novembre 1989, les installations seront d\u00e9mont\u00e9es tr\u00e8s rapidement ensuite. Le 22 juin 1990, la fameuse cabane est soulev\u00e9e par une grue et emport\u00e9e. Elle est maintenant au mus\u00e9e interalli\u00e9 sur un parking, \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un l\u2019avion britannique de type Hastings, de ceux qui ont ravitaill\u00e9s Berlin Ouest.<\/p>\n<p>Pour qui est all\u00e9 \u00e0 Berlin en 1990, demeure le sentiment que le mur a tr\u00e8s rapidement disparu. Non que la d\u00e9marquation entre l\u2019est et l\u2019ouest ne soit pas encore tr\u00e8s visible (il le sera encore longtemps), mais le mur, ce fameux mur, a pratiquement partout \u00e9t\u00e9 retir\u00e9, laissant de vastes zones bless\u00e9es.<\/p>\n<p>Les paysages face \u00e0 la porte Brandebourg ou Postdammer Platz rappelaient la guerre, les ruines et la destruction. Mais tr\u00e8s rapidement, une urbanisation volontaire et expressive comble le vide, hisse des immeubles, propulse la ville dans le XXI\u00e8me si\u00e8cle. Berlin d\u00e9place son point de pivot, Mitte redevient le centre, le point focal. Pour les touristes venus frissonner aux traces de l\u2019histoire, la d\u00e9ception est l\u00e0<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-16\" href=\"#post-10235-footnote-16\">[16]<\/a><\/sup>. La volont\u00e9 de fusion des deux Allemagne \u00e9tait telle que presque tout ce qui pouvait rappeler le pass\u00e9 a \u00e9t\u00e9 nettoy\u00e9.<\/p>\n<h1>Un lieu repr\u00e9sent\u00e9<\/h1>\n<p>Bien avant la destruction du mur, la fiction s\u2019est empar\u00e9e de ce lieu \u00e0 trag\u00e9dies. John le Carr\u00e9 dans son classique \u00abL&rsquo;espion qui venait du froid<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-17\" href=\"#post-10235-footnote-17\">[17]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb ou dans \u00ab\u00a0Les Gens de Smiley<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-18\" href=\"#post-10235-footnote-18\">[18]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bbmet en sc\u00e8ne CheckPoint Charlie. Le r\u00e9alisme des \u0153uvres donne \u00e0 ce lieu toute l\u2019intensit\u00e9 due au genre.<\/p>\n<p>Mais, si les images mentales produites par la lecture peuvent \u00eatre puissantes, elles ne seront jamais autant partag\u00e9es que les visions propos\u00e9es par le cin\u00e9ma. Cinq ans apr\u00e8s la sortie du livre de John le Carr\u00e9, Martin Ritt adapte en 1966, sur un sc\u00e9nario de Paul Dehn et Guy Trosper, \u00ab\u00a0L&rsquo;espion qui venait du froid<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-19\" href=\"#post-10235-footnote-19\">[19]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb. Tourn\u00e9 enti\u00e8rement en studios, le film s\u2019ouvre sur une reconstitution de CheckPoint Charlie. Il fait nuit, il pleut, mais les \u00e9l\u00e9ments iconiques sont pr\u00e9sents et l\u2019\u00e9chelle du site est bien respect\u00e9e.<\/p>\n<p>La m\u00eame ann\u00e9e sort \u00ab\u00a0Mes fun\u00e9railles \u00e0 Berlin<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-20\" href=\"#post-10235-footnote-20\">[20]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb. Guy Hamilton prend le parti de filmer en d\u00e9cors r\u00e9els \u00e0 Berlin. CheckPoint Charlie est visible \u00e0 deux reprises, durant quelques secondes et, pour la premi\u00e8re fois, le site apparait tel qu\u2019il est. Toutefois, la cam\u00e9ra tourn\u00e9e vers l\u2019Est, s\u2019\u00e9loigne peu de la cabane, rendant le site \u00e9troit, ce qu\u2019une vue a\u00e9rienne semble vouloir confirmer. La fronti\u00e8re, prise dans une figuration de Berlin tr\u00e8s s\u00e8che, conf\u00e8re au film un r\u00e9alisme gla\u00e7ant.<\/p>\n<p>En 1983, James Bond passe par Berlin et bien entendu, franchit le mur \u00e0 CheckPoint Charlie. Dans Octopussy<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-21\" href=\"#post-10235-footnote-21\">[21]<\/a><\/sup>, un segment de l\u2019histoire se passe en Allemagne de l\u2019est. CheckPoint Charlie est film\u00e9 en d\u00e9cors r\u00e9els, le poste fronti\u00e8re n\u2019\u00e9tant, l\u00e0 encore, visible que quelques secondes. La g\u00e9ographie du site est contenue dans la Friedrichstra\u03b2e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la chute du mur et la modernisation des studios Babelsberg \u00e0 Postdam, les Allemands ont produit un grand nombre de films portant sur leur histoire r\u00e9cente. Le segment de mur construit pour le film \u00ab\u00a0la Bande \u00e0 Baader<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-22\" href=\"#post-10235-footnote-22\">[22]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb est toujours visible sur le site des studios. Le long m\u00e9trage \u00ab\u00a0Le Tunnel<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-23\" href=\"#post-10235-footnote-23\">[23]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb de Roland Suso Richter, propose un jeu fascinant de reconstitution des images embl\u00e9matiques de l\u2019histoire du mur. CheckPoint Charlie y appara\u00eet dans une nuit profonde, dans l\u2019axe de la Friedrichstra\u03b2e, signal\u00e9 par les balises lumineuses des stations de m\u00e9tro dans une g\u00e9ographie \u00e9tonnamment compress\u00e9e.<\/p>\n<p>En 2006, sort un t\u00e9l\u00e9film coproduit et tourn\u00e9 en ex Europe orientale. Sara Bender a deux filles, elle tente de passer \u00e0 l\u2019Ouest mais sa tentative \u00e9choue, s\u00e9par\u00e9e de ses enfants, elle se poste \u00e0 CheckPoint Charlie pour r\u00e9clamer leur lib\u00e9ration. Un slogan choc\u00a0: \u00ab\u00a0Rendez-moi mes enfants\u00a0! Ce qui unit les \u00eatres humains ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9 par des fronti\u00e8res\u00a0\u00bb alerte le monde sur son histoire. On reconna\u00eet l\u2019histoire de Jutta Gallus, adapt\u00e9e pour le petit \u00e9cran\u00a0: \u00ab\u00a0La Femme de CheckPoint Charlie<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-24\" href=\"#post-10235-footnote-24\">[24]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb Le site du poste fronti\u00e8re est reconstitu\u00e9 en studio et fait l\u2019objet d\u2019un \u00e9tonnant travail de r\u00e9interpr\u00e9tation spatiale.<\/p>\n<p>Alors que les pr\u00e9c\u00e9dents films montraient le point de passage comme une rue ponctu\u00e9e par la fameuse cabane, ici, nous sommes dans un espace chaotique, labyrinthique, aggrav\u00e9 par des chicanes et obstacles. Les perspectives sont bris\u00e9es par le mur. Le site est \u00e9tonnement bl\u00eame, les fa\u00e7ades, les palissades, la tour mirador, la cabane sont d\u2019un blanc d\u00e9lav\u00e9. La neige, durant une sc\u00e8ne hivernale viendra couvrir ce qui reste de sombre et gris.<\/p>\n<p>Sans perdre de vue que c\u2019est un d\u00e9cor film\u00e9, devant donc g\u00e9rer des probl\u00e9matiques d\u2019\u00e9conomie de budget en jouant sur la perspective, les d\u00e9couvertes et les ruptures de plans, il reste n\u00e9anmoins une impression de complexit\u00e9 kafka\u00efenne tr\u00e8s en phase avec le propos, la perception du r\u00e9gime de la RDA et la situation particuli\u00e8re de Sara Bender\/Jutta Gallus.<\/p>\n<h1>Perceptions contrast\u00e9es<\/h1>\n<p>Comment parler du mur sans reconstruire le mur. Voil\u00e0 la probl\u00e9matique \u00e0 laquelle sont confront\u00e9s les berlinois depuis 1989 tout en sachant qu\u2019il existe plusieurs niveaux d\u2019appr\u00e9hension de la question. Pour les Allemands de l\u2019Est, les interventions sur l\u2019histoire r\u00e9cente apparaissent souvent comme une relecture occidentale de leur histoire dans laquelle les \u00ab\u00a0ossies<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-25\" href=\"#post-10235-footnote-25\">[25]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb tiennent le mauvais r\u00f4le. Plus de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux consid\u00e8re en 2009 que la r\u00e9unification n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 une bonne chose pour eux<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-26\" href=\"#post-10235-footnote-26\">[26]<\/a><\/sup>. Pour autant, ils ne sont que 12% \u00e0 souhaiter la reconstruction du mur<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-27\" href=\"#post-10235-footnote-27\">[27]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>L\u2019effacement de la fronti\u00e8re a \u00e9t\u00e9, pour la g\u00e9n\u00e9ration n\u00e9e apr\u00e8s guerre, per\u00e7ue comme la n\u00e9gation de leur propre existence<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-28\" href=\"#post-10235-footnote-28\">[28]<\/a><\/sup>. C\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne que l\u2019on retrouve dans toute l\u2019Europe de l\u2019Est. La g\u00e9n\u00e9ration qui a pu croire au renouveau au lendemain de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, se trouve accus\u00e9e d\u2019aveuglement, de l\u00e2chet\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019ils voulaient juste et qui rapidement s\u2019est fig\u00e9e dans le totalitarisme, a tent\u00e9 de contr\u00f4ler le futur en construisant une m\u00e9moire polici\u00e8re que personne ne pouvait consulter. Une m\u00e9moire rest\u00e9e muette jusqu\u2019au renversement du r\u00e9gime.<\/p>\n<p>On parle souvent de la survivance du mur dans les t\u00eates dans Allemands. La perception r\u00e9ciproque reste encore en effet conditionn\u00e9e par leur origine. Le cin\u00e9ma, sur le mode humoristique<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-29\" href=\"#post-10235-footnote-29\">[29]<\/a><\/sup> ou tragique<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-30\" href=\"#post-10235-footnote-30\">[30]<\/a><\/sup> en rend assez bien compte d\u00e9crivant un m\u00eame peuple aux coutumes et r\u00e9f\u00e9rences bien diff\u00e9renci\u00e9es. Certaines cicatrices urbaines, comme celle de Checkpoint Charlie, sont encore tr\u00e8s visibles et la construction d\u2019une m\u00e9moire commune est un sujet d\u00e9licat.<\/p>\n<p>Ainsi, la proposition de m\u00e9morial initi\u00e9e par Reiner Hildebrandt<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-31\" href=\"#post-10235-footnote-31\">[31]<\/a><\/sup>, consistant \u00e0 planter autant de croix qu\u2019il y eut de victimes du mur \u00e9tait-elle vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec. Elle inscrivait dans une histoire encore trop fra\u00eeche, la responsabilit\u00e9 d\u2019une partie de la population dans des crimes politiques. Inaugur\u00e9 le 31 octobre 2004, le dispositif mettait en sc\u00e8ne 1067 croix noires dans le d\u00e9laiss\u00e9 du poste fronti\u00e8re. Le 5 juillet 2005, le S\u00e9nat de Berlin, \u00e0 majorit\u00e9 socialiste et communiste, fait d\u00e9monter le m\u00e9morial<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-32\" href=\"#post-10235-footnote-32\">[32]<\/a><\/sup> et surtout retirer le faux mur qui avait \u00e9t\u00e9 reconstruit pour l\u2019occasion<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-33\" href=\"#post-10235-footnote-33\">[33]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Plus consensuels, les dominos de la c\u00e9r\u00e9monie du vingti\u00e8me anniversaire de la chute du mur, permettaient de faire tomber symboliquement une deuxi\u00e8me fois le mur. M\u00eame si la c\u00e9r\u00e9monie fut extr\u00eamement populaire<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-34\" href=\"#post-10235-footnote-34\">[34]<\/a><\/sup> malgr\u00e9 la pluie battante, elle restait plus dans l\u2019expression du fait brut et spectaculaire que de ses cons\u00e9quences ou surtout de ses prolongations dans la soci\u00e9t\u00e9 allemande.<\/p>\n<h1>Repr\u00e9senter l\u2019imaginaire du r\u00e9el<\/h1>\n<p>Entre 1990 et 2000, le site de CheckPoint Charlie a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement nettoy\u00e9 des am\u00e9nagements frontaliers laissant deux parcelles vides. Le mirador a fait l\u2019objet d\u2019une demande de pr\u00e9servation qui a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e et a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit le 9 d\u00e9cembre 2000. Le 13 aout 2000, une r\u00e9plique de la cabane, mod\u00e8le 1961, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e, avec son petit muret de sacs de sable, son m\u00e2t et son drapeau, sans oublier le fameux panneau indiquant que l\u2019on sort du secteur am\u00e9ricain.<\/p>\n<figure id=\"attachment_10240\" aria-describedby=\"caption-attachment-10240\" style=\"width: 1384px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-10240\" src=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpc2010.png\" alt=\"CheckPoint Charlie (lescop)\" width=\"1384\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpc2010.png 1384w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpc2010-300x173.png 300w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpc2010-768x444.png 768w, https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/wp-content\/cpc2010-1024x592.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1384px) 100vw, 1384px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-10240\" class=\"wp-caption-text\">CheckPoint Charlie (lescop)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les visiteurs, \u00e0 la recherche des traces historiques, trouvent souvent d\u00e9risoire cette mise en sc\u00e8ne, ils se pressent n\u00e9anmoins pour se faire photographier en compagnie des faux gardes, jouent \u00e0 franchir le poste fronti\u00e8re, se rappellent parfois \u00eatre d\u00e9j\u00e0 venus.<\/p>\n<p>L\u2019image du mur reste tellement attach\u00e9e \u00e0 la ville qu\u2019il para\u00eet naturel pour les touristes de le retrouver comme on retrouve de vieilles forteresses. Ces murs anciens, pr\u00e9serv\u00e9s, sont comme les traces de croissance des villes, des cernes urbains. Mais Berlin est un \u00eelot, qui se densifie, mais qui ne s\u2019\u00e9tend gu\u00e8re. Le mur n\u2019est que la trace d\u2019une prison, emp\u00eachant les uns de sortir, les autres de passer. Toutefois, le symbole est puissant et r\u00e9guli\u00e8rement des artistes font des propositions de mur de glace, comme celui de Londres en novembre 2009 ou de mur \u00e9vanescent, comme l\u2019a propos\u00e9 l\u2019artiste cor\u00e9enne Eun Sook Lee<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-35\" href=\"#post-10235-footnote-35\">[35]<\/a><\/sup> devant la porte de Brandebourg.<\/p>\n<p>Heureusement pour les inconsolables, depuis peu, la technologie vient \u00e0 notre secours gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me, qui, selon le Spiegel<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-36\" href=\"#post-10235-footnote-36\">[36]<\/a><\/sup>, ravira les touristes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s de ne pas voir ce fameux mur. Il s\u2019agit du \u00ab\u00a0Mauerguide<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-37\" href=\"#post-10235-footnote-37\">[37]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb. La r\u00e9alit\u00e9 augment\u00e9e place devant nos \u00e9crans et dans nos oreilles, les fant\u00f4mes disparus des fronti\u00e8res oubli\u00e9es. Ils peuvent aussi surfer avec \u00ab\u00a0Google Earth\u00a0\u00bb et retrouver le trac\u00e9 en superposition \u00e0 la ville contemporaine.<\/p>\n<h1>Palimpseste.<\/h1>\n<p>Comme les th\u00e9\u00e2tres antiques se couvrent d\u2019herbes folles, CheckPoint Charlie s\u2019urbanise, les terrains encore vides re\u00e7oivent des constructions, la ville se dessine sur elle-m\u00eame effa\u00e7ant peu \u00e0 peu l\u2019ancienne structure des lieux.<\/p>\n<p>Les anciens comm\u00e9morent et disparaissent, les jeunes oublient d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Checkpoint Charlie est pass\u00e9 d\u2019un lieu <em>en<\/em> repr\u00e9sentation \u00e0 un lieu <em>de<\/em> repr\u00e9sentation en devenant une des sc\u00e8nes les plus fameuses de l\u2019histoire r\u00e9cente de l\u2019Europe. Pris par le cin\u00e9ma, c\u2019est devenu un lieu repr\u00e9sent\u00e9. Or, la ressemblance qu\u2019entretient ce lieu avec le r\u00e9el s\u2019\u00e9loigne petit \u00e0 petit rendant \u00e0 la fiction une dimension subjective.<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019inverse de la fiction ouverte, la patrimonialisation des lieux pose le probl\u00e8me de la s\u00e9dimentation urbaine et plus globalement de la saisie d\u2019un instant historique dans la dur\u00e9e. Comme une image arr\u00eat\u00e9e, le territoire se fige dans ce qui devient le d\u00e9cor de la m\u00e9moire. La <strong>patrimonialisation<\/strong> va de paire avec la <strong>conservation<\/strong>, c\u2019est un acte qui donne un caract\u00e8re sacr\u00e9 \u00e0 un lieu pour l\u2019ensemble de la collectivit\u00e9<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-38\" href=\"#post-10235-footnote-38\">[38]<\/a><\/sup>. En soi, c\u2019est une d\u00e9marche politique, souvent id\u00e9ologique, par\u00e9e de consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9reuses sur la sauvegarde, la pr\u00e9servation et l\u2019enseignement pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir. Cela s\u2019inscrit dans une temporalit\u00e9 occidentale, lin\u00e9aire et cumulative.<\/p>\n<p>La conservation, dans le processus de patrimonialisation, fonctionne \u00e9galement avec l\u2019id\u00e9e de <strong>valorisation<\/strong>. Cette derni\u00e8re comprend l\u2019objet lui-m\u00eame mais \u00e9galement ce qu\u2019il produit comme valeurs sur le territoire alentour. Le traitement esth\u00e9tique de l\u2019objet conserv\u00e9 dans une sc\u00e9nographie qui produit sur le visiteur-spectateur un effet d\u2019extase qu\u2019il compensera par la f\u00e9tichisation d\u2019un objet souvenir, en pulsion consum\u00e9riste.<\/p>\n<p>Le m\u00e9morial de la Bernauer Stra\u00dfe<sup><a id=\"post-10235-footnote-ref-39\" href=\"#post-10235-footnote-39\">[39]<\/a><\/sup> est \u00e0 ce titre un contrepoint \u00e0 CheckPoint Charlie. La Bernauer Stra\u00dfe a \u00e9t\u00e9 brutalement coup\u00e9e par le mur, si brutalement que des familles, des amis ou des voisins se sont retrouv\u00e9s du jour au lendemain dans l\u2019impossibilit\u00e9 de pouvoir se rejoindre. Certains ont saut\u00e9 par les fen\u00eatres pour tenter d\u2019\u00e9chapper \u00e0 leur sort. Chacun a en t\u00eate ces images de personnes de tout \u00e2ge se jetant dans le vide vers une b\u00e2che tendue plusieurs \u00e9tages plus bas. Le mur d\u00e9truit, le quartier reste marqu\u00e9 de l\u2019emprise du dispositif frontalier, de sa largeur impressionnante. En 1994, un concours a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 pour la conception d&rsquo;un monument d\u00e9di\u00e9 aux victimes du mur de Berlin et de la m\u00e9moire de la division de la ville. Le monument a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 le 13 ao\u00fbt 1998.<\/p>\n<p>En 1997, \u00e0 l&rsquo;initiative du S\u00e9nat de Berlin, l\u2019Association du Mur de Berlin a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour superviser la mise en place d&rsquo;un centre de documentation dans la maison paroissiale de l&rsquo;Eglise de la r\u00e9conciliation ouverte le 9 Novembre 1999, pour le 10e anniversaire de la chute du Mur. Le centre doit fonctionner avec le monument, en fournissant des informations historiques et permettre aux visiteurs d&rsquo;en apprendre davantage sur les enjeux et les cons\u00e9quences du mur de Berlin. Trois approches sont propos\u00e9es : artistique, factuelle, et spirituelle. Les visiteurs sont en mesure de choisir leur type d\u2019approche par les \u00e9l\u00e9ments qui leur sont fournis.<\/p>\n<p>Mais la Bernauer Stra\u00dfe ne sera jamais aussi c\u00e9l\u00e8bre que CheckPoint Charlie, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la recherche et la r\u00e9flexion, de l\u2019autre l\u2019affect et le spectaculaire, la biblioth\u00e8que contre le spectacle. La Bernauer Stra\u00dfe concerne les Allemands alors que CheckPoint Charlie concerne les \u00e9trangers, impliqu\u00e9s, sur le sol allemand, en d\u00e9pit des allemands, dans un conflit extra territorialis\u00e9.<\/p>\n<h1>Bibliographie indicative\u00a0:<\/h1>\n<p><strong>Bernard Brigouleix<\/strong>, <em>1961-1989 : Berlin, les ann\u00e9es du mur<\/em>, Tallandier, Paris,<\/p>\n<p><strong>Andr\u00e9 Fontaine<\/strong>, <em>Histoire de la guerre froide, de la guerre de Cor\u00e9e \u00e0 la crise des alliances (1950-1963),<\/em> Seuil, coll. \u00ab Points Histoire \u00bb, Paris, 1983<\/p>\n<p><strong>Gilles Freissinier<\/strong>, <em>La Chute du mur de Berlin \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise : de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e0 l\u2019histoire (1961-2002)<\/em>, L\u2019Harmattan, Paris, 2006<\/p>\n<p><strong>Anne-Marie Le Gloannec<\/strong>, <em>Un mur \u00e0 Berlin,<\/em> Complexe, Bruxelles, 1985<\/p>\n<p><strong>Daniel Vernet<\/strong>, <em>Le roman de Berlin<\/em>, Editions du Rocher, 2005<\/p>\n<p><strong>Yvan Vanden Berghe<\/strong> (trad. 2e \u00e9d. par Serge Govaert), <em>Un grand malentendu ? Une histoire de la guerre froide (1917-1990)<\/em>, Academia, Louvain-La-Neuve, cop. 1993<\/p>\n<p><strong>Arthur Schlesinger<\/strong> (trad. sous la dir. de Roland Mehl), <em>Les Mille Jours de Kennedy<\/em>, Deno\u00ebl, Paris, 1966.<\/p>\n<p><strong>Peter Schneider<\/strong>, <em>L\u2019Allemagne dans tous ses \u00e9tats<\/em>, B. Grasset, Paris, 1991<\/p>\n<h1>Filmographie indicative<\/h1>\n<ul>\n<li>Allemagne \u2013 CheckPOint Charlie \u2013 Berlin<\/li>\n<li>L\u2019espion qui venait du froid \u2013 Martin Ritt<\/li>\n<li>Mes fun\u00e9railles \u00e0 Berlin \u2013 Guy Hamilton<\/li>\n<li>Le Rideau D\u00e9chir\u00e9 \u2013 Alfred Hitchcock<\/li>\n<li>Les Ailes Du D\u00e9sir \u2013 Wim Wenders<\/li>\n<li>Le Tunnel \u2013 Roland Suso Richter<\/li>\n<li>Good Bye, Lenin! \u2013Wolfgang Becker<\/li>\n<li>La Vie des autres &#8211; Florian Henckel von Donnersmarck<\/li>\n<li>Die Frau vom Checkpoint Charlie \u2013 Miguel Alexandre<\/li>\n<li>Classiques guerre froide<\/li>\n<li>La Mort Aux Trousses \u2013 Alfred Hitchcock<\/li>\n<li>Octopussy \u2013 John Glen<\/li>\n<li>Bons baisers de Russie \u2013 Terence Young<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li id=\"post-10235-footnote-1\">La Volkspolizei (, la police du peuple) \u00e9tait la police nationale de l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Est. <a href=\"#post-10235-footnote-ref-1\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-2\"><strong>Marc Aug\u00e9<\/strong>, <em>Non-lieux<\/em>, Seuil 1992 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-2\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-3\">Courbevoie Magasine n\u00b057, <em>Un pan de Mur\u00e0 Courbevoie<\/em>, D\u00e9cembre 2009 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-3\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-4\">Le Parisien, <em>Un morceau du mur de Berlin \u00e0 La D\u00e9fense<\/em>, 06\/11\/2009 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-4\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-5\">On trouvera une pr\u00e9servation relative du dispositif dans la Bernauer Stra\u03b2e, pr\u00e8s du m\u00e9morial. <a href=\"#post-10235-footnote-ref-5\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-6\"><strong>K\u00e9vin Lynch<\/strong>, <em>L&rsquo;Image de la cit\u00e9<\/em>, Dunod, 1998 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-6\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-7\">43 km de fronti\u00e8re intra-urbaine entre Berlin-est et Berlin-Ouest, un total de 155 km, longueur totale de la fronti\u00e8re avec Berlin-ouest dont 112 km de fronti\u00e8re entre Berlin-ouest et la RDA <a href=\"#post-10235-footnote-ref-7\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-8\">Pierre Nora, Les Lieux de m\u00e9moire, Gallimard, 1997 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-8\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-9\">\u00ab\u00a0What in the hell did Clay think he was doing\u00a0? You don\u2019t spit in the face of a bulldog.\u201d P.257 In <strong>Norman Gelb<\/strong>, <em>The Berlin Wall: Kennedy, Khrushcheev, and a showdown in the heart of Europe<\/em>, Simon &amp; Schuster, 1988 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-9\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-10\">Le 20 mai 1976 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-10\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-11\">Au prix de 50\u00a0000 DM tout de m\u00eame\u00a0! <a href=\"#post-10235-footnote-ref-11\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-12\">Freiheit f\u00fcr dir Kinder\u00a0\u00bb, inscription sur la banderole de Jutta Gallus, indiquant le nom de ses deux filles et d\u2019un gar\u00e7on qui n\u2019\u00e9tait pas le sien. <a href=\"#post-10235-footnote-ref-12\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-13\"><strong>Jutta Gallus, Ines Veith<\/strong>, <em>Un mur entre nos vies : Le combat d&rsquo;une m\u00e8re pour retrouver ses filles derri\u00e8re le Mur de Berlin<\/em>, Michel Lafon, 2009 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-13\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-14\">On peut se souvenir qu\u2019un acteur professionnel est aussi venu d\u00e9livrer un message politique \u00e0 CheckPoint Charlie, il s\u2019agit de Ronald Reagan, le 11 juin 1982, alors qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9sident et en pleine course aux armements dans le cadre de la \u00ab\u00a0Guerre des Etoiles\u00a0\u00bb <a href=\"#post-10235-footnote-ref-14\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-15\"><strong>Sonnenallee<\/strong>, R\u00e9alisation : Leander Hau\u00dfmann, Sc\u00e9nario : Detlev Buck et Leander Hau\u00dfmann, D\u00e9cors : Lothar Holler, Date de sortie Allemagne : 7 octobre 1999 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-15\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-16\">On trouve le m\u00eame probl\u00e8me pour les visiteurs \u00e0 la recherche du ghetto de Varsovie, mais en Pologne rien n\u2019est fait pour l\u2019instant. <a href=\"#post-10235-footnote-ref-16\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-17\"><strong>John Le Carr\u00e9<\/strong>, <em>L&rsquo;espion qui venait du froid<\/em>, Gallimard, 1973, <em>The Spy who Came in from the Cold, 1963<\/em> <a href=\"#post-10235-footnote-ref-17\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-18\"><strong>John le Carr\u00e9<\/strong>, <em>Les Gens de Smiley<\/em>, Seuil, r\u00e9ed. 2001, <em>Smiley&rsquo;s People, 1980<\/em> <a href=\"#post-10235-footnote-ref-18\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-19\"><strong>L&rsquo;Espion qui venait du froid<\/strong>, <em>The Spy Who Came in from the Cold<\/em>, R\u00e9alisation : Martin Ritt, Sc\u00e9nario : Paul Dehn, Guy Trosper, D\u00e9cors : Tambi Larsen, Hal Pereira, Dur\u00e9e : 112 mn, Date de sortie Grande-Bretagne : 13 janvier 1966 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-19\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-20\"><strong>Mes fun\u00e9railles \u00e0 Berlin<\/strong>, <em>Funeral in Berlin<\/em>, R\u00e9alisation : Guy Hamilton, Sc\u00e9nario : Evan Jones, d&rsquo;apr\u00e8s le roman de Len Deighton, D\u00e9cors : Ken Adam et Peter Murton, Date de sortie US : 22 d\u00e9cembre 1966 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-20\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-21\"><strong>Octopussy<\/strong>, R\u00e9alisation : John Glen, Sc\u00e9nario : George MacDonald Fraser, Christopher Wood et Richard Maibaum, D\u00e9cors : Peter Lamont, Date de sortie : Royaume-Uni : 6 juin 1983 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-21\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-22\"><strong>La bande \u00e0 Baader<\/strong>, <em>Der Baader Meinhof Komplex,<\/em> R\u00e9alisation: Uli Edel, Sc\u00e9nario:Stefan Aust (livre)Uli Edel, D\u00e9cors\u00a0: Bernd Lepel, date de sortie\u00a0: Allemagne 25 septembre 2008 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-22\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-23\"><strong>Le Tunnel<\/strong>, <em>Der Tunnel<\/em>, R\u00e9alisation: Roland Suso Richter, Sc\u00e9nario : Johannes W. Betz, D\u00e9cors\u00a0: Bettina Schmidt, Date de sortie : Allemagne 21 janvier 2001 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-23\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-24\"><strong>La Femme de Checkpoint Charlie<\/strong>, <em>Die Frau vom Checkpoint Charlie<\/em>, R\u00e9alisation\u00a0: Miguel Alexandre, Sc\u00e9nario Annette Hess, Diffusion TV Allemagne : 28 Septembre 2007 sur ARTE <a href=\"#post-10235-footnote-ref-24\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-25\">Surnom donn\u00e9 aux habitants de l\u2019ex R\u00e9publique F\u00e9d\u00e9rale. <a href=\"#post-10235-footnote-ref-25\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-26\">Le Monde, Une majorit\u00e9 d&rsquo;Allemands de l&rsquo;Est nostalgiques de l&rsquo;ex-RDA, 26\/06\/2009 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-26\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-27\">Die Welt, Arbeitslose und Linke wollen die Mauer zur\u00fcck, 08\/11\/2009 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-27\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-28\"><strong>Bernard Umbrecht<\/strong>, <em>Sur les traces estomp\u00e9es de l\u2019Allemagne de l\u2019Est<\/em>, le Monde Diplomatique, 11\/2009 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-28\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-29\"><strong>Good Bye, Lenin!<\/strong> R\u00e9alisation Wolfgang Becker, sc\u00e9nario Bernd Lichtenberg, d\u00e9cors Lothar Holler, date de sortie Allemagne : 9 f\u00e9vrier 2003 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-29\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-30\"><strong>Berlin is in Germany<\/strong>, r\u00e9alisation et sc\u00e9nario\u00a0: Hannes St\u00f6hr, D\u00e9cors\u00a0: Anke Bisten, Natalja Meier, date de sortie Allemagne\u00a0: 2 f\u00e9vrier 2002 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-30\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-31\">Le cr\u00e9ateur du Mus\u00e9e CheckPoint Charlie \u00e0 Berlin, n\u00e9 en 1914 mort en 2004, <a href=\"#post-10235-footnote-ref-31\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-32\">The New-York Times, Tearing down of memorial at Checkpoint Charlie begins, 05\/07\/2005 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-32\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-33\">BBC news, Wall Disneyland divides Berlin, 09\/11\/2004 : news.bbc.co.uk\/2\/hi\/Europe\/3995379.stm <a href=\"#post-10235-footnote-ref-33\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-34\">Le Monde, Le Mur est tomb\u00e9 une seconde fois, 09\/11\/09 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-34\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-35\">Vanished Berlin Wall Germany, Eun Sook Lee, www.eunsooklee.com. <a href=\"#post-10235-footnote-ref-35\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-36\">Der Spiegel, Berlin resurrects Vanished Wall with GPS guide, 05\/06\/2008 <a href=\"#post-10235-footnote-ref-36\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-37\">T\u00e9l\u00e9chargeable \u00e0 www.mauerguide.com . <a href=\"#post-10235-footnote-ref-37\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-38\"><strong>Di M\u00e9o Guy<\/strong>, <em>Regards sur le patrimoine industriel<\/em>, Actes du colloque de PoitiersPatrimoine et industrie en Poitou-Charentes : conna\u00eetre pour valoriser, 12-14 septembre 2007, Poitiers-Ch\u00e2tellerault &#8211; Colloque \u00ab\u00a0Patrimoine et industrie en Poitou-Charentes : conna\u00eetre pour valoriser\u00a0\u00bb, France (2007) [halshs-00281934 \u2212 version 1] <a href=\"#post-10235-footnote-ref-38\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-10235-footnote-39\">Gedenkst\u00e4tte Berliner Mauer , Bernauer Stra\u00dfe 119, 13355 Berlin <a href=\"#post-10235-footnote-ref-39\">\u2191<\/a><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; A la recherche de la fronti\u00e8re effac\u00e9e\u00a0: le mur \u00e0 Berlin : le palimpseste Checkpoint Charlie R\u00e9sum\u00e9 Synecdoque de la coupure est\/ouest, le mur de Berlin trouvait son acm\u00e9 \u00e0 Checkpoint Charlie. Or, en quelques mois, apr\u00e8s la rupture du 9 novembre 1989, l\u2019ensemble des installations a disparu laissant dans un premier temps un &hellip; <a href=\"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/?p=10235\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le palimpseste Checkpoint Charlie : essai de sc\u00e9nologie d&rsquo;un lieu embl\u00e9matique<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":10240,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[190,179,189,128],"tags":[130,356,355,359,350,352,357,358,353,354,351],"class_list":["post-10235","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-architecture-2","category-articles","category-publications","category-references","tag-berlin","tag-berlin-est","tag-berlin-ouest","tag-bernauer-strase","tag-checkpoint-charlie","tag-frontiere","tag-kennedy","tag-khrouchtchev","tag-mur-de-berlin","tag-rda","tag-scenologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10235","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10235"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10235\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10241,"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10235\/revisions\/10241"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10240"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10235"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10235"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.keris-studio.fr\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10235"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}