Alan Stivell occupe une place
primordiale dans la musique celtique. Né en 1946, Alan
Cochevelou voit le jour, à Riom, en Auvergne. Emigrée en zone
libre pendant la guerre, le famille Cochevelou change alors
fréquemment de lieu d'habitaion. Le hasard a voulu que ce soit
hors de Bretagne que Stivell voie le jour.
Jord, le père d'Alan,
traducteur au ministère des Finances, a plus d'une corde à son
arc. Il est passionné de peinture, obtient un prix au concours
Lépine mais surtout, il adore la musique. Papa Cochevelou n'a
qu'une idée en tête : réintroduire véritablement la harpe
celtique en Bretagne, d'où elle a disparu il y a bien longtemps.
Après bien des efforts, il arrive à ses fins et c'est là que
Stivell a son premier déclic.
En 1953, la prof de harpe de
Stivell organise une conférence à la maison de la Bretagne à
Paris. À l'aide des documents du père d'Alan, elle entame un
discours ponstué par deux morceaux joués par Stivell, âgé de
neuf ans. C'est son premier récital.
Son père et lui prennent alors
leut bâton de pèlerin pour convaincre les observateurs que le
retour de la harpe celtique, en Bretagne, est une affaire
sérieuse. Ils font, tous deux, les fêtes et les soirées, et
Stivell passe même en première partie le Line Renaud, en 1955,
à l'Olympia ! Petit à petit, les premières commandes
d'instruments arrivent. Faute de moyens, Cochevelou pè doit
chercher des intermédiaires pour construire les harpes.
L'aventure commence !
En 1954, Stivell intègre les
Scouts Bleimor et fait partie de leur bagad. Au début, il joue
de la bombarde puis, en 1960, il s'initie à la cornemuse
Durant toutes ces années,
Stivell étudie tout ce qui touche à la civilisation celtique.
Au début des années 60, il se lance à fond dans le bagad, mais
déjà une idée l'anime : faire du folk-rock breton. Nous sommes
en plein dans la période rock'n roll, et Stivell découvre le
son des Shadows, mais c'est la vague folk-song qui déclenchera
la suite.
Dès 1960, Stivell avait sorti
un 45 tours intitulé : Musique gaélique, mais il faudra
attendre 1965, pour que soit édité son premier 25 cm Telenn
Geltiek. Un disque uniquement instrumental avec des arrengements
de son père et de son prof de harpe, composé de sonorités
empruntées à tous les pays celtes. Déjà, la fusion
celtique...
Partageant toujours sa vie
entre la Bretagne et Paris, il rencontre, en 1966, le chanteur
folk Lionel Rochemen, qui organise depuis 1963 des hootenannies,
spectacles improvisés où les artistes viennent chanter
librement, ce qu'il propose à Stivell.
Son père lui avait construit
une harpe plus petite, avec un son plus proche de la guitare, et
c'est avec cette image moins stéréotypée, moins classique
qu'il se présente au Centre américain. C'est la première fois
(depuis son enfance) qu'il chante en public.
Sa carrière démarre,
doucement mais sûrement. Peu après, il enregistre un 45 tours,
avec quatre chansons uniquement en français, dont le titre
principal était Flower Power.
Après cette petite incartade
musicale, il reprend sa harpe et recommence à se produire un peu
partout. Cela lui vaut d'être invité au Pop Club de José
Artur, où il croise les Moody Blues, sympathise avec eux, si
bien que le célèbre groupe anglais lui propose de venir faire
la première partie de son spectacle à Londres.
En juin 1968, Stivell débarque
donc au Queen Elizabeth Hall, seul avec sa harpe. Dire qu'il s'y
sent à l'aise serait mentir mais pour le jeune Stivell de
l'époque c'est une aventure bien sympa...
En 1966, il avait déjà signé
un contrat avec Philips. Un 45 tours, Brocéliande, avait connu
un succès honorable, et la maison de disques lui propose de
réaliser un album. Il a carte blanche et ne s'en prive pas. Dix
chansons sont enregistrées, dont quatre en breton. L'album
s'appelle Reflets et apparaît dans les bacs en 1970. Dix mille
exemplaires se vendent en deux mois. On commence, vraiment, à
prendre Stivell au sérieux. Dès 1971, il édite son deuxième
album Renaissance de la harpe celtique et sort, pratiquement en
même temps, un 45 tours intitulé Pop Plinn.
Ce n'est pas un hasard ! Si
Renaissance de la harpe celtique (entièrement instrumental)
reflète ce qu'il joue sur scène, Pop Plinn traduit ce qu'il
veut faire dorénavant. Toujours cette idée d'imposer un
folk-rock breton ! Renaissance de la harpe celtique obtient le
grand prix de l'académie Charles-Cros et Pop Plinn bouleverse
les idées reçues en touchant un public très large.
L'image de Stivell évolue au
fil des mois. Il s'est entouré d'un groupe, le son de ses
spectacles est plus électrique, plus rythmé, et séduit pas mal
de programmateurs et d'organisateurs, comme l'Olympia qui engage
Stivell pour un concert devenu légendaire, en février 1972.
Ce concert a marqué toutes une
génération de fans. Ce fut, toutes proportions gardées, le
Woodstock de la musique celtique en France. Et l'événement,
c'est Stivell lui-même qui le crée. Il vante son spectacle à
qui veut l'entendre et colle, avec des potes, ses propres
affiches, tant et si bien qu'il fait de son concert un
rendez-vous qu'aucun "celtomaniaque" ne veut rater.
Musicorama, l'émission d'Europe 1, est présente, la salle
archi-pleine et toute la Bretagne à l'oreille collée aux
transistors. C'est un triomphe ! Le disque Live qui suit se
vendra à 1400 000 exemplaires, ce qui reste un best seller en
Europe.
Cette fois, non seulement pour
Stivell ça devient sérieux, mais tout le monde se prend d'une
passion soudaine pour la musique celtique. Les maisons de disques
se battent pour avoir leur artiste celte et, tout au long des
années 70, la musique celtique devient un véritable phénomène
de mode. De 1973 à 1980, Stivell produit pratiquement un album
par an. Chaque album a une histoire, une démarche bien
particulière. De Chemins de terre à La symphonie celtique, il
dévoile, à chaque fois, un facette de son personnage.
Les tournées succèdent aux
tournées, en France comme à l'étranger. On danse sur la
musique de Stivell aussi bien en Bretagne qu'en Australie.
Les années 80 sont une autre
histoire. La musique celtique ne passionne plus trop les foules,
les maisons de disques sont hésitantes et les médias en parlent
beaucoup moins. Stivell sort d'autres albums, comme Terre des
vivants ou Légendes mais lui-même a sans doute perdu un peu de
sa motivation.
Ce futrent les années de
remise en question. Il se penche sur sa table de travail, change
de maison de disque et enregistre, en 1987, Avalon. Stivell
aborde, dans cet album, la mythologie celtique. Le son a changé,
il est plus travaillé, plus abouti. L'album connaît un joli
succès d'estime et marque un peu un nouveau départ.
Et puis arrive Again. Pour cet
album, Stivell s'est entouré de beau monde, puisque Shane
McGowan (ex-Pogues) vient y chanter en breton, Kate Bush produit
un morceau, Laurent Voulzy et Kemener se mettent au choeur.
Dreyfus Musique, sa nouvelle maison de disques, décide de mettre
le paquet et investit dans une publicité télévisée. La
démarche est nouvelle et contribue à vendre l'album à 100 000
exemplaires en quelques semaines. La carrière de Stivell est
relancée. Les années 90 peuvent venir, il les attend
sereinement...
Et Stivell a raison. La musique
celtique a retrouvé son public. De nombreux artistes refont
surface et d'autres apparaissent. Stivell a tendu l'oreille vers
les nouveaux phénomènes musicaux. Les années 90 sont synonymes
de métissage, de "world music", une sensibilité qu'il
a depuis bien longtemps appliquée à sa musique. Brian Boru, son
dernier album, est un peu la résultante de toutes ces
observations et ces recherches.
Discographie :
Telenn Geltiek (FDM)
Reflets (FDM)
Renaissance de la harpe celtique (FDM)
Olimpia Concert (FDM)
Chemins de terre (FDM)
E Langonned (FDM)
E Dulenn (FDM)
Treman Inis (FDM)
Before Landing (FDM)
Un Dewezh Barzh Gêr (FDM)
Symphonie celtique (FDM)
Terre des vivants (FDM)
Légende (FDM)
Harpes du nouvel âge (FDM)
The Mist of Avalon (FDM)
Again (FDM)
Brian Boru (FDM)

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Références : La Musique
Celtique : Bretagne, Écosse, Irlande, Pays de Galles, Ile de
Man, Galice, Asturies, Cornouailles, de Didier Convenant,
Édition : Hors Collection
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voir la page originale d'Elisabeth et Jean-Michel.
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©Laurent Lescop - Ker Is - De
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