La ville

Nulle cité peuplée au monde ne l'emporte en splendeur sur Ys, larges sont les places publiques, spacieuses les avenues ; les maisons y sont bellement alignées et d'une aimable apparence, avec leurs façades de pierre lisse ou de brique émaillée, avec leurs toits écarlates et leurs rideaux aux vives couleurs.
Charles Guyot, la Légende de la Ville d'Ys .(voir bibliographie)

Mais la richesse les avait rendus vicieux et durs : les mendiants étaient chassés de la ville comme des bêtes fauves ; on ne voulait avoir partout que des gens gais, bien portants et vêtus de drap ou de soie. Le Christ lui-même, s'il fût venu en habit de toile, eût été repoussé. La seule église qu'il y eût dans la ville était si délaissée, que le bedeau en avait perdu la clef ; l'ortie poussait sur le seuil, et les hirondelles nichaient contre les joints de la porte d'entrée. Les habitants passaient les journées et les nuits dans les auberges, les salles de danse, les spectacles, uniquement occupés de perdre leur âme.
Emile Souvestre, le Foyer Breton.(voir bibliographie)

Pas un quartier de la ville où de lumières indécises ne tremblent et cheminent. La belle maison d'Ahès, ancienne villa romaine bâtie pour défier les siècles, a tranquillement résisté aux secousses, en compagnie, on doit le croire, de toutes les solides demeures du voisinage, mais sur la grande étendue de la cité, avec tant de constructions de différents types, aucun malheur ne se sera-t-il pas produit ? Les masures bretonnes qui s'agglomèrent comme une famille de moules contre le Port des Pêcheurs, ne se seront-elles pas disloquées ?
Les amants sont venus au bord de la terrasse. Ils se tiennent doucement par la taille et, penchés en direction de la mer, ils écoutent monter de la ville, peu à peu, toutes les nouvelles. Une cabane s'est effondrée à l'ouest sur un veuf sans enfants qui a eu la jambe cassée, et à l'ouest encore, une vache affolée a couru se noyer dans un puits - à cela se résume l'événement.

Le spectacle de la grand-place, où Gudolf arrivait, n'était guère fait pour égayer un coeur morose. Les ruines noircies du temple, l'air vétuste des bâtiments administratifs, le nez cassé de la statue centrale, tout l'eût plutôt énervé encore, jusqu'à cette lourde impression de ville importante, officielle, que cherchait à donner ici la convergence des routes.

Même pour le quartier des paysans, désormais c'en était trop.

Abandonnant le mail, Gradlon et Guénolé s'engagent à l'aveuglette dans la longue ruelle sinueuse sur laquelle, à plusieurs centaines de pas, doit ouvrir la haute porte de la maison d'Ahès.

La porte est grande ouverte sur la première cour, jonchée d'étoffes déchirées, d'armes, de coffres éventrés, comme au sortir d'un pillage. Ahés est là, le visage noir de fumée, une torche à la main, La poitrine soulevée par une joie rageuse, elle contemple les flammes qui jaillissent de la puissante construction de pierre, aux larges ouvertures.
Henri Queffélec, Tempête sur la ville d'Ys.(voir bibliographie)

Ma mère a vu la ville d'Is s'élever au-dessus des eaux. Ce n'était que château et tourelles. Dans les façades s'ouvraient des milliers de fenêtres. Les toits étaient luisants et clairs, comme s'ils avaient été de cristal. Elle entendait distinctement les cloches sonner dans les églises et le murmures de la foule dans les rues.

Une femme...vit tout à coup surgir devant elle un portique immense.
Elle le franchit et se trouva dans une cité splendide. Les rues étaient bordées de magasins illuminés. Aux devantures s'étalaient des étoffes magnifiques. Elles en avait les yeux éblouis et cheminait, la bouche béante d'admiration, au milieu de toutes ces richesses.
Anatole le Braz, la Légende de la Mort.(voir bibliographie)

Ils s'engouffrèrent sous la herse aux trois quarts relevée qui ornait la poterne aux flancs percés de casemates et criblés de torchères. Des gamins turbulents et gouailleurs les escortèrent durant toute la traversée de la ville basse. Celle-ci était composée d'habitations disposées en damier autour des rues dallées dont la largeur n'excédait pas trois mètres. Les maisons comportaient des façades simples mais accueillantes. Soubassement de pierres sèches liées au mortier, murs de "pisé", couverture de tuiles noires ou rouges. Des bornes protégeaient les demeures aux angles curvilignes du heurt des chars. Les eaux de ruissellement s'écoulaient par des chaussées pentues et étaient évacuées par des ouvertures en demi-lune ménagées dans les remparts. La propreté des trottoirs et des ruisseaux supposait l'existence d'un quadrillage d'égouts et de canalisations souterraines.
Un rempart intérieur percé par une lourde porte de bronze gardée par des hommes d'armes séparait la ville basse de la ville haute. Comgall dut exhiber un autre laissez-passer (à triple cachet de cire) pour que s'ouvrissent les larges battants sculptés qui donnaient accès aux quartiers résidentiels dominés par la colline du Chaudron d'or où avait été érigé dès la fondation de la cité d'Ys, le château du roi Gradlon.

La villa de Spyridon Phanourakis s'étageait sur le flanc nord de la colline du chaudron d'or. Un vaste jardin orné de portiques l'entourait. A l'ombre des hêtres et de chênes déambulaient des guépards apprivoisés, porteurs de colliers en or massif hérissés de pointes d'argent, et des marcassins aux défenses serties de pierres précieuses qui chargeaient de temps à autre sans grand dommage les vasques de marbre rose, traversaient les bassins de porphyre et s'ébrouaient au milieu des jets d'eau.
Une fois franchi le jardin et la terrasse, on pénétrait dans la gigantesque demeure à colonnades du Corinthien par une superbe porte à double battant d'ébène sculptée incrustée de nacre que manoeuvraient deux serviteurs drapés dans le chiton traditionnel. (...)
Une ligne de colonnes en tuf, cannelées et stuquées, portant un chapiteau dorique, s'élevait à peu de distance des murs ornés de fresques représentant un banquet présidé par les dieux. Thésée revêtu de sa peau de lion y semblait prêt à affronter les Lapithes et les Centaures. Ces colonnes soutenaient un plafond voûté, à caissons, qui constituait un véritable régal pour les yeux d'un esthète, et délimitaient un couloir à fond plat réservé aux convives désireux de gagner leurs places. Le pavement était en porphyre vert de Sparte.
Roger Facon, la cité d'Ys.(voir bibliographie)


 

Importance & dates Le bassin, le port, la digue La ville
Emplacement Eglise et cathédrale Le chateau de Gradlon

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©Laurent Lescop - Ker Is - De la Légende à l'Image de Synthèse 1992-1996
ean tpfe-1994